Opérations Forestières

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La perte de la certification FSC menace les travailleurs

Greenpeace estime que le PDG de Résolu menace les emplois et la prospérité du Lac St-Jean.


20 février 2014
Par Greenpeace Canada

Montréal, 19 février 2014 – Les travailleurs de la plus grande forestière au pays sont sur la corde raide depuis que leur employeur s’est fait taper les doigts par des auditeurs indépendants et a perdu le 1er janvier 2014 sa certification Forest Stewardship Council (FSC) sur plus de 8 millions d’hectares de forêt au Québec et en Ontario. Ces hommes et ces femmes sont des milliers à croire en une meilleure foresterie et à constamment redoubler d’effort pour améliorer leur performance sur le terrain et dans les usines. Ils sont passés à travers la pire crise forestière de l’histoire, ont observé leur employeur frôler la faillite, ont vu des milliers de leurs consœurs et confrères perdre leur emploi et ont fait de multiples concessions pour que, aux dires de cet employeur, Produits forestiers Résolu, ils demeurent « compétitif » et se démarquent sur les marchés internationaux.

Le conflit qui sévit entre Greenpeace et Résolu n’a rien à voir avec les travailleurs, avec la qualité de leur travail en forêt ou en usine, ou avec leur performance environnementale. Ces hommes et ces femmes, dont le travail est l’un des plus exigeants qu’il y ait sur le marché de l’emploi, ont à cœur la bonne gestion de la forêt. Ce sont plutôt les choix corporatifs de leur employeur qui sont au centre des préoccupations de Greenpeace, et la mobilisation contre Résolu prend de l’ampleur, car la multinationale refuse toujours de changer d’approche et d’opter pour les solutions. Déjà près de 50 000 personnes ont signé la pétition #défendonslaforêt dénonçant la multinationale.

La tête dans le sable, le PDG de Résolu menace les emplois et la prospérité du Lac St-Jean
Plutôt que de prendre ses responsabilités, il semble préférer blâmer les autres pour les erreurs de la compagnie, erreurs qui auraient pu être évitées. Pointant du doigt les autochtones, les groupes environnementaux ou le gouvernement, M. Richard Garneau tente de se faufiler. Plutôt que de répondre aux exigences des marchés et de s’adapter aux réalités du 21ème siècle, Résolu s’ancre dans le siècle passé. C’est ce genre de décision corporative qui menace les emplois au Lac St-Jean. Depuis 2007, ce sont plus de 9000 emplois qui ont été supprimés chez Résolu et ses anciennes filières, passant de 18 000 employés à moins de 9000 en 2013. Ces coupures n’ont rien à voir avec les aires protégées, le caribou ou les écologistes.

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La compagnie se vante d’ailleurs dans son dernier rapport financier de son approche agressive pour rationaliser les coûts. En mettant en œuvre ses efforts de rationalisation des usines, Résolu garde en activités ses « meilleurs actifs, fermant ou vendant ses actifs aux coûts plus élevés ». Les fermetures et les réductions de personnel font donc partie de la stratégie de Résolu.

Les syndicats appellent au dialogue
La semaine dernière, Greenpeace a rencontré 14 représentants syndicaux d’Unifor, le syndicat des travailleurs de Résolu au Lac St-Jean. Les échanges furent constructifs et nous avons grandement apprécié le temps dédié par le syndicat pour cette rencontre. L’objectif : établir un dialogue entre nos organisations, le gouvernement et Résolu afin de dénouer l’impasse. Greenpeace s’est dite tout à fait ouverte à dialoguer avec les parties prenantes tout en soulignant que des conditions de base doivent être mises en place si ces échanges se veulent fructueux. Pour Greenpeace, il est essentiel que Résolu abandonne sa poursuite de 7 000 000$ contre Greenpeace et deux de ses militants, décrite par plusieurs comme une poursuite bâillon. Cette poursuite est non-fondée et nuit grandement à l’amélioration de la situation. Les solutions sont à portée de main, mais elles ne seront certainement pas obtenues via les tribunaux.

Notre mission est de protéger les Montagnes Blanches tout en assurant un approvisionnement en bois et le maintien des emplois qui y sont associés, comme nous l’avons fait ailleurs au Canada et dans d’autres parties du monde. Nous pouvons certainement le faire ici au Québec. Ce que nous demandons à Résolu depuis des années maintenant est de cesser ses coupes dans ce secteur fragile, une des dernières grandes forêts vierges du Québec, afin que le gouvernement puisse créer une grande aire protégée. Celle-ci permettrait à Résolu de remplir plusieurs exigences du FSC, assurerait la protection du caribou forestier et la sauvegarde d’importants massifs forestiers intacts.
Le gouvernement peut jouer un rôle clé afin d’assurer aux communautés du Lac St-Jean de ne pas être prises en otage par l’irresponsabilité de M. Garneau. Avec les élections imminentes, espérons que le gouvernement en place verra plus loin que la petite politique à courte vue.


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