Opérations Forestières

Nouvelles Nouvelles de l’industrie
La MRC de Portneuf : La forêt au cœur du développement


19 mars 2013
Par Stéphane Riverin

La MRC de Portneuf est située sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent, entre les agglomérations urbaines de Québec et de Trois-Rivières. Ce vaste territoire d’un peu plus de 4 000 kilomètres carrés compte une population d’environ 46 500 personnes réparties au sein de 18 municipalités, ce qui en fait la MRC la plus populeuse de la grande région de Québec.

Un territoire de forêt
Le secteur forestier occupe une large part de l’activité économique de la MRC de Portneuf. Pas étonnant, car la forêt représente 83 % du territoire, soit près de 3 250 km2;  à elle seule, la forêt privée compte 1 800 propriétaires qui aménagent un peu plus de 1 300 km2. « Notre forêt publique quant à elle, couvre 2 265 km2 et ce territoire forestier est fortement sollicité pour plusieurs activités autres que la récolte de matière ligneuse : la chasse et la pêche, le canot, la randonnée pédestre, le vélo, la motoneige et le quad doivent cohabiter souvent dans les mêmes territoires », souligne Magella Morasse, commissaire forestier au CLD de Portneuf. « La proximité de la ville de Québec fait en sorte que notre forêt est très recherchée comme lieu de villégiature et est perçue en quelque sorte comme un vaste terrain de jeu », ajoute Monsieur Morasse. Cependant, ceci ne doit pas faire oublier l’importance économique de l’ensemble des ressources forestières : mentionnons simplement que les retombées économiques de l’ensemble des ressources sont de 390 millions de dollars dont 80 % provient des produits de la matière ligneuse. De plus, les 41 entreprises en aménagement, transport et transformation, fournissent plus de 1 200 emplois directs dans la MRC. La tenue de Démo Forêt 2012 dans Portneuf, plus précisément sur le territoire de Solifor Perthuis, constitue une occasion rêvée de mettre en évidence la vitalité de ce secteur forestier.

Les suites du Sommet sur la forêt de 2008
En septembre 2008, le CLD et la MRC de Portneuf, en partenariat avec plusieurs acteurs du milieu, organisaient un Sommet sur la forêt afin de faire le point à la suite de la fermeture d’usines très importantes et de se donner une vision commune de développement. En plus de la situation de l’industrie forestière, on a abordé entre autres des questions comme la valorisation de la biomasse forestière, la promotion du matériau bois, la mise en valeur des produits forestiers non ligneux et le développement du récréotourisme. « Certaines idées sont encore à l’état de projet alors que d’autres se sont transformées en véritables réussites; citons la consolidation des approvisionnements de trois entreprises forestières pour sécuriser leur avenir, la création du Parc naturel régional de Portneuf comme outil de développement récréotouristique et la réalisation d’une série de capsules d’information pour faire connaitre à notre population les activités qui se passent en forêt. Mais le plus important pour nous demeure la nécessité d’associer tous les intervenants dans le développement harmonieux des ressources de la forêt dans un souci de respect et de durabilité », complète Magella Morasse.  

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L’importance de la PME et de l’entrepreneuriat
Après les fermetures de Tembec et d’Abitibi-Bowater au cours des dernières années, la structure de l’industrie forestière repose essentiellement sur la PME. Malgré la crise forestière qui persiste, le dynamisme de certains entrepreneurs est à souligner : l’implantation de Charpentes Montmorency à Saint-Raymond, spécialisée dans la construction de « Timber frames » témoigne de ce dynamisme. L’investissement dans une nouvelle ligne de transformation chez Scierie Dion inc.

ouvre également de nouvelles perspectives. Dans l’industrie du plein air, la Vallée Bras-du-Nord de Saint-Raymond et Action plans d’eau plein air de Saint-Alban se distinguent par la qualité et la diversité des activités et services offerts. Dans l’industrie des produits forestiers non ligneux, l’entreprise Aliksir, spécialisée dans la production d’huiles essentielles, se démarque par son esprit innovateur et elle a d’ailleurs remporté l’un des prix Phénix de l’environnement 2011. Les producteurs acéricoles de Portneuf, avec près de 1,5 million d’entailles et 450 emplois, génèrent quelque 9 millions de dollars en retombées. Ce ne sont que quelques exemples très inspirants dans le développement des diverses ressources du milieu forestier.

La forêt de demain
Autant l’industrie forestière est dans un tournant majeur, autant la gestion forestière proprement dite subira des changements importants au cours des prochaines années. La nouvelle Loi sur l’aménagement durable des forêts procède en effet à une redistribution des rôles et ceci n’est pas sans inquiéter plusieurs acteurs de l’industrie. « La forêt de demain devra être une affaire de partenariat et d’imputabilité : le gouvernement reprend son rôle de véritable propriétaire, mais il devra briller par sa capacité d’adaptation; la CRÉ, responsable des Tables de gestion intégrée et avec son Plan régional de développement en poche, devra briller par une recherche de consensus; finalement, tous les intervenants dont nous sommes devront briller par leur compréhension des enjeux et par leur ouverture d’esprit », conclut Monsieur Morasse.