Opérations Forestières

Nouvelles Nouvelles de l’industrie
La Coopérative forestière Petit Paris et Rémabec s’unissent


21 janvier 2021
Par Guillaume Roy

Après s’être dissociée de Produits forestiers Résolu en 2016 pour avoir les coudées franches afin d’investir dans ses installations, la Coopérative forestière Petit Paris s’allie maintenant à Rémabec pour les opérations de la scierie Produits forestiers Petit Paris. Ce partenariat permettra de créer des synergies entre les deux entreprises, notamment pour partager de la main-d’oeuvre spécialisée.

En 2016, Produits forestier Petit Paris (PFPP) est devant une impasse. L’entreprise doit investir à tout prix dans ses installations pour devenir plus compétitive ou elle devra fermer. À l’époque, la scierie est détenue à parts égales par la Coopérative forestière Petit Paris (CFPP) et Produits forestiers Résolu (PFR). « Résolu n’était pas prête à investir, alors on a dû racheter leurs parts », explique Alain Paradis, directeur général de la CFPP.

Malgré un partenariat « de qualité », les deux entreprises ne partagent pas les mêmes priorités d’investissements et la coopérative prend sa destinée en main. En plus de racheter les parts de PFR, la CFPP investit 4,3 millions de dollars, en 2016, pour faire l’acquisition d’une bouilloire à la biomasse, puis 7,6 millions de dollars l’année suivante, pour remplacer sa ligne de sciage principale. « On a eu l’aide de partenaires institutionnels, comme le Fonds de solidarité FTQ, le Fonds Valorisation Bois et le Fonds Biomasse », soutient Alain Paradis.

Au cours des deux dernières années, la baisse des prix du bois d’oeuvre vient toutefois peser lourd sur les finances de la coopérative, ajoute ce dernier. « La chute des prix a créé une petite crise financière et notre banquier nous a demandé un plan de redressement », dit-il.

Advertisement

Comme ce n’est pas la mission des fonds institutionnels de gérer les opérations d’une usine de sciage, la CFPP négocie alors avec plusieurs partenaires potentiels, dont PFR, pour investir dans un plan de redressement. C’est finalement Rémabec qui se démarque du lot. « C’est un partenaire logique, parce qu’on travaille avec eux sur les parterres de coupe, et ils ont une usine à L’Ascension, à une vingtaine de kilomètres de la nôtre [à Saint-Ludger-de-Milot] », explique Alain Paradis.

Selon ce dernier, ce partenariat amène des synergies importantes entre les deux organisations, surtout en ce qui a trait au transfert d’expertise et au partage de la main-d’oeuvre spécialisée. « Les échanges de services vont bénéficier aux deux usines », soutient-il, soulignant les besoins criants de main-d’oeuvre dans l’industrie.

Rémabec rachète ainsi les parts détenues par les fonds d’investissement et met la main sur 50 % des parts de Produits forestiers Petit Paris. « Pour nous, il s’agit d’une opportunité de développement, de croissance, affirme Réjean Paré, président et chef des opérations du Groupe Rémabec, par voie de communiqué. Nous croyons fermement à l’importance de la synergie, à l’union des forces. C’est d’ailleurs sur ce principe que notre entreprise s’est toujours développée. Nous serons plus forts en ce qui a trait aux opérations forestières et aux opérations en usines, et nous pourrons optimiser nos équipes sur le terrain, ce qui sera bénéfique autant pour la Coopérative forestière [Petit Paris] que pour nous ».

Pour Produits forestiers Petit Paris, Rémabec représente un partenaire de taille. En effet, elle est l’une des plus grosses entreprises de récolte et de transformation du bois au Québec. Selon les besoins, elle pourra injecter de nouveaux capitaux, en partenariat avec la coopérative, dans la scierie, laquelle compte 110 employés.

Profiter de la hausse des prix

Alain Paradis se réjouit également de la hausse des prix du bois d’oeuvre, qui atteignent des niveaux records après deux années difficiles. « C’est une hausse de prix inespérée et qui nous permet de souffler », confirme-t-il.

À terme, la hausse des prix devrait se refléter tout au long de la chaîne d’approvisionnement et les entreprises de récolte devraient aussi en bénéficier.

« En vendant nos produits à un prix plus élevé, on a plus de marge de manoeuvre, mais il ne faut pas oublier que les frais d’exploitation augmentent eux aussi », précise-t-il, en citant une hausse des redevances de 60 % envers le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs depuis un an.

De plus, les Américains réclament toujours des taxes qui atteignent environ 20 % sur le bois d’oeuvre, ce qui limite les profits et la capacité de les partager. Si ces tarifs étaient abolis, tous les joueurs de l’industrie s’en sortiraient beaucoup mieux et les prix payés aux entrepreneurs forestiers augmenteraient plus rapidement, remarque Alain Paradis.

Liens renoués avec Résolu

Lorsque la coopérative a racheté les parts de Résolu, le géant manufacturier avait pris la décision de ne plus acheter les copeaux de la scierie de Saint-Ludger-de-Milot, préférant écouler ses propres stocks. Produits forestiers Petit Paris s’était alors tournée vers d’autres clients, comme WestRock, à La Tuque, et White Birch, à Québec.

Quelques années après le divorce, PFPP et Résolu ont récemment signé un contrat pour la vente d’une partie des copeaux de la scierie, souligne Alain Paradis.

À l’heure actuelle, le marché des copeaux est stable, ajoute-t-il, mais fragile. « Si une machine à papier ferme, la demande peut changer très rapidement. »

Dans ce contexte, la coopérative travaille avec plusieurs scieurs indépendants du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour développer de nouvelles avenues, notamment en développant les marchés du biochar, en partenariat avec BioChar Boréalis.