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Jeannot Leblanc aménage et reboise

Coupe sélective et plantation avec une mèche mise au point par son père.


16 avril 2013
Par Martine Frigon

Sujets
Jeannot Leblanc (à gauche) fait surtout de la coupe sélective dans des forêts mixtes et il reboise avec une invention de son père Fernand, une mèche de 24 po, adaptable aux types de tarières utilisées pour entailler les érables; au centre, son fils Philippe.

À 46 ans, Jeannot Leblanc est propriétaire d’une trentaine de lots boisés répartis dans le centre du Québec et l’Estrie. Faisant essentiellement de la coupe sélective dans des forêts mixtes, il reboise en quantité considérable, à l’aide d’une invention de son père Fernand, une solide mèche d’une longueur de 24 pouces, adaptable aux types de tarières utilisées pour entailler les érables.

Sa passion pour la forêt ne date pas d’hier. Fils d’agriculteurs provenant du village de Notre-Dame-de-Ham, il a commencé à planter des arbres sur les terres de son père et de son grand-père dès l’âge de 14 ans. Diplômé en techniques de foresterie au Cégep de Sainte-Foy en 82, Jeannot Leblanc est revenu dans son patelin natal pour travailler durant plusieurs années pour un organisme membre du Syndicat des producteurs de bois de l’Estrie.

En 1986, il achète son premier lot boisé, le premier lot d’une série de 30 acquis au fil des années. Il y a environ six ans, Jeannot Leblanc fait le grand saut. Il décide de quitter son poste de technicien forestier pour se lancer à son compte; une décision qu’il ne regrette pas.

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Protéger son patrimoine
Faisant partie du Syndicat de producteurs de bois de l’Estrie et de celui de Nicolet pour posséder des lots boisés dans les deux régions, Jeannot Leblanc s’est bâti une clientèle. « Je fournis la scierie Clermont Hamel située à St-Ephrem de Beauce en bois mou et en pin rouge, alors que la papetière Domtar à Windsor m’achète du feuillu et Kruger à Trois-Rivières, du résineux pour la pâte. » Outre cette scierie beauceronne et ces deux papetières, l’entrepreneur effectue aussi de la coupe sélective pour des propriétaires de lots. Il dit posséder une attitude de passionné qui lui vient de son père, ce qui est confirmé par son ancien directeur alors qu’il était technicien forestier, Martin Larivière : « C’est un gars dynamique, un passionné de l’aménagement et une personne à connaître. Il est toujours intéressé à tout ce qui peut être innovateur. »

Jeannot Leblanc travaille avec une abatteuse multifonctionnelle Valmet 901C 1999 achetée en 2001 alors qu’elle n’avait que 374 heures à son actif. Elle est munie d’une tête Valmet, modèle 945. Ayant maintenant cumulé 16 000 heures d’utilisation, il connaît les limites de son équipement, bien que’en disant en être satisfait. « La tête n’est pas longue, elle circule bien dans les feuillus et c’est parfait pour le petit bois, mais on ne peut pas couper plus gros que 12 pouces sinon elle travaillera trop. » L’entrepreneur possède également une excavatrice Komatsu, modèle PC150 et un transporteur de marque Timberjack 1220 à 8 roues motrices. Ce porteur fabriqué en 1994 avait accumulé 8000 heures à l’achat, mais en compte aujourd’hui plus de 15 000.

Planter, même dans la roche
Pour ce technicien forestier, tous ces lots boisés acquis depuis plus de vingt ans représentent un investissement pour l’avenir malgré la période de morosité actuelle dans l’industrie. « Bien sûr, la crise forestière m’a touché assez durement comme bien d’autres. En 2007, j’ai perdu 20 % de mes revenus comparé aux années passées. Normalement, une terre doit s’autofinancer, ce n’est pas le cas aujourd’hui. »

Malgré tout, Jeannot Leblanc priorise un reboisement important et ce, sans compter totalement sur une aide gouvernementale. « Les subventions ont beaucoup diminué ces dernières années, mais j’ai décidé quand même d’investir sur mes lots. » Ainsi à chaque année, du début du mois de mai à la mi-juin, soit dès la fonte des neiges, il entame sa saison de plantation, une saison de cinq à six semaines. « J’en plante environ 2 500 par jour! Je reboise avec du pin rouge, de l’épinette noire, du mélèze, du chêne rouge et du pin blanc. »

Si Jeannot Leblanc peut planter un nombre important de jeunes pousses tout seul et en une journée, il affirme que c’est grâce à l’invention de son père. En 1996, pour aider son fils à reboiser sur ses lots, Fernand Leblanc se met à l’usinage d’une mèche pouvant s’adapter sur une tarière destinée à entailler les érables. Cette mèche qui se termine en forme de vis mesure 24 pouces de long et permet de percer un trou de 5 à 6 pouces dans la terre; profondeur idéale pour y déposer un plant.

« La carotte n’est jamais endommagée. Cela donne une bonne qualité de plantation. En plus, en plantant avec un appareil motorisé, c’est moins exigeant physiquement! », indique Fernand Leblanc.

« Elle est si solide que si jamais il y a une roche vis-à-vis du trou, elle incline un peu et permet alors de l’enlever! Je suis allé faire une démonstration à une assemblée de producteurs dans la région de Lotbinière et ils m’ont emmené dans un champ de roches. Les producteurs ne le croyaient pas, mais ils ont bien vu que ça fonctionnait même dans un terrain
impossible! » ajoute le fils.

Âgé aujourd’hui de 72 ans, Fernand Leblanc est toujours actif et il fabrique encore ce type de mèche pour des propriétaires forestiers qui en font la demande. « J’ai des commandes un peu partout au Québec et particulièrement en Beauce. Je passe par les groupements forestiers pour proposer mon outil. » Une idée d’un père pour aider son fils qui aura fait un bon bout de chemin…   


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