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Heureux dans son domaine

Une scierie mobile pour Jeannot Bouchard.


9 avril 2013
Par Martine Frigon

Sujets
Jeannot Bouchard scie les billots de mélèze tirés de ses lots au moyen d’une scie mobile Lumber Mate 2000 de Norwood.

Sur sa terre de 150 acres située à Val Jalbert près d’Edmundston au nord-ouest du Nouveau-Brunswick, Jeannot Bouchard se consacre entièrement à sa petite scierie depuis près de trois ans. Pensant que cette activité l’occuperait un peu durant sa retraite, de plus en plus de clients font appel à ses services, mais il n’est toutefois pas dans ses projets de prendre de l’expansion. Jeannot Bouchard travaille avec une scie mobile neuve de marque Norwood, tout en privilégiant des méthodes artisanales.

Cet ancien mécanicien et distributeur d’huiles industrielles âgé de 61 ans a décidé de réaliser un vieux rêve. C’est un coup du sort qui a déclenché le tout car, il y a quelques années, il a eu la jambe brisée à cause d’une mauvaise manœuvre d’un camion. Incapable de reprendre son métier, il s’est mis en tête de pratiquer des activités de sciage sur sa terre.

Il faut dire que depuis bien des années, Jeannot Bouchard achetait des lots boisés sur lesquels poussaient des mélèzes, communément appelés épinettes rouges (le Larix laricina présente des aiguilles caduques tandis que la véritable épinette rouge Picea rubens Sarg. possède des aiguilles persistantes). En lançant sa petite scierie, il a choisit d’exploiter cette essence : « Le mélèze, ou épinette rouge, est peu utilisé, mais c’est bien dommage parce que c’est un très bon bois contre l’humidité et on peut faire de tout avec cela! »

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Parmi les scies mobiles disponibles sur le marché, Jeannot Bouchard a choisi le modèle Lumber Mate 2000, fabriqué par Norwood. Il y a fait installer des roues pour avoir la possibilité de la déplacer et dispose d’un chariot de 20 pieds. « Comme je suis mécanicien, j’étais capable d’évaluer la force des équipements et des moteurs, dit-il. Ça me prenait quelque chose de puissant et la Lumber Mate 2000 peut scier sans difficulté du bois dur comme l’épinette rouge. »

Selon le manufacturier, la Lumber Mate 2000 peut scier des billots atteignant jusqu’à 31 po de diamètre et couper des planches mesurant jusqu’à 24 po de largeur avec une précision de 1/32e de pouce. L’an dernier, Jeannot Bouchard a testé son équipement en tentant de scier une bille de 36 pouces. « Cela a marché! J’ai même une photo, affirme-t-il avec fierté. »

Côté maintenance, les scies sont changées aux quatre heures et sont affûtées à 6 ou 7 reprises pendant leur durée de vie. Ne disposant pas d’appareil pour l’affûtage, il se rend à Clair, à moins de 15 de km, chez l’entreprise Waska Cedar Shingles, un fabricant de bardeaux de cèdre et de lattes de cèdre et de tremble.

Pour son travail, il utilise un chenillard de marque Bombardier fabriqué en 1998 et acheté usagé, muni d’un treuil qui peut tirer deux à trois billots. Un entrepreneur de sa connaissance possédant une chargeuse vient livrer le bois à la petite scierie.

Le bon vieux crochet à main
Le côté artisanal des activités de Jeannot Bouchard se manifeste à l’étape du positionnement de la bille. Il n’utilise pas de chariot, il place plutôt deux madriers d’environ trois pieds entre l’empilement de billots fait par la chargeuse tout juste à côté en parallèle avec la scie, puis il fait rouler le billot choisi en se servant du bon vieux crochet de bûcheron pour le tirer vers la scie. Pour empêcher que d’autres billots ne tombent de l’empilement, il a fabriqué deux petits butoirs en bois. Après, il laissera ses planches sécher à l’air libre.

Jeannot Bouchard tient à récupérer tout ce qui reste d’un billot d’épinette rouge. La croûte et les débris seront vendus comme bois de chauffage alors que le bran de scie est mis en sac et vendu à des producteurs bovins et avicoles locaux qui l’utiliseront comme litière.

Ses clients, locaux pour la plupart, viennent s’approvisionner en poutres et en planches pour fabriquer des quais, des chalets ou encore des enclos. Il s’amuse à relater l’épisode où il a vendu des poutres d’épinette rouge à un médecin âgé de 82 ans pour bâtir un quai : « Je vous le garantis à vie », avait-il alors lancé à la blague.

On devine bien que Jeannot Bouchard est un être à part. Il vit seul dans son chalet sur sa terre, il possède un lac où il a ensemencé des truites et il collectionne des tas de vieux objets allant d’un vieux tracteur à d’anciennes machines à laver en passant par une machine servant à compacter des balles de foin. Toutefois, on comprend également qu’il est heureux de vivre ainsi sur sa terre. « Je suis né ici et je vais mourir ici, conclu-t-il avec bonne humeur »