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Gaz naturel renouvelable et biocharbon à Saint-Félicien


16 février 2022
Par Guillaume Roy. Initiative de journalisme local

Sujets

Char Technologies compte construire une usine de gaz naturel renouvelable et de biocharbon d’ici deux ans à Saint-Félicien, un projet évalué à 12 millions de dollars.

Char Technologies exploite une usine de biocharbon à Mississauga, en Ontario, depuis 2018. Au cours des dernières années, l’entreprise a aussi réalisé des projets de recherche en partenariat avec Agrinova, en lien avec Biochar Boréalis, la vitrine technologique de recherche et de développement sur le biocharbon, explique Andrew White, lors d’une entrevue en ligne.

« Nous travaillons de près avec les partenaires du milieu depuis quelques années, dit-il, et plus particulièrement avec la Société de cogénération de Saint-Félicien depuis 12 mois. Le soutien pour la valorisation de la biomasse, la disponibilité de la matière première et l’aide des partenaires comme la ville et la MRC nous ont convaincus que c’était un bon endroit pour investir. »

Le procédé de pyrolise permet de transformer les copeaux de bois en biocharbon, mais aussi de produire des biogaz, qui pourront par la suite être transformés en gaz naturel renouvelable.

Le projet de Char Technologies est imbriqué avec le projet de Centre de valorisation de la biomasse mené en partenariat par Greenleaf Power, qui possède la Société de cogénération en partenariat avec la MRC du Domaine-du-Roy.

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« Tous les équipements qui sont déjà présents sur le site, comme la balance, les chargeuses et le broyeur, viennent réduire notre coût d’investissement », remarque Andrew White.

Greenleaf a accès à de la biomasse de haute qualité, une ressource qu’elle doit partager pour rendre le projet profitable. D’une part, Greeleaf prendra la biomasse de faible valeur pour la brûler, alors que Char Technologie prendra la fibre blanche pour la transformer en biocharbon.

Andrew White, président-directeur général de Char Technologie, estime que l’usine de biocharbon sera construite d’ici deux ans.

Le biocharbon n’est qu’un des produits générés par la pyrolyse du bois, qui consiste à le chauffer en l’absence d’oxygène, car le procédé génère aussi des biogaz, qui seront brûlés à l’usine de cogénération, et de l’huile pyrolitique.

Dans un premier temps, Char Technologie compte investir six millions de dollars pour la production de biocharbon. Deux marchés sont évalués en ce moment, soit l’utilisation industrielle pour la fonte de métaux, ou encore les amendements agricoles. « On veut trouver le meilleur marché local pour l’utilisation du biocharbon », note le PDG avant d’ajouter que 5000 à 6000 tonnes par année seront produites.

La deuxième phase de construction, évaluée elle aussi à 6 millions de dollars, devrait suivre assez rapidement, car le plan d’affaires prévoit générer près des deux tiers des revenus avec la transformation des biogaz.

À l’heure actuelle, il semble que Char Technologies produira du gaz naturel renouvelable pour le vendre à Énergir, car le marché et les technologies sont déjà prêts pour ajouter le GNR dans le réseau. « On pourrait aussi produire de l’hydrogène vert parce que le biogaz créé avec la pyrolyse contient 40 % d’hydrogène », remarque Andrew White. La technologie pour la production d’hydrogène serait même plus simple, mais étant donné les opportunités de marché, l’entreprise penche vers le procédé de méthanisation pour la production de GNR. L’entreprise prévoit la production d’un équivalent de 200 000 gigajoules d’énergie annuellement.

L’usine de Saint-Félicien, qui sera de taille commerciale industrielle, soutient Andrew White, sera construite sous une forme modulaire qui permettra des agrandissements dans le futur. Elle bénéficiera aussi du réseau de chaleur construit par la ville de Saint-Félicien pour réduire ses coûts énergétiques.

Char Technologie prévoit construire une autre usine en Californie, mais c’est à Saint-Félicien que se trouvera la plus grosse usine du groupe.

Andrew White croit que le secteur de la biomasse est voué à un bel avenir pour remplacer les produits de sources fossiles. « On peut créer beaucoup de valeur avec nos produits », dit-il, en ajoutant que l’entreprise peut ainsi payer le juste prix pour son approvisionnement.

Au cours des prochains mois, Char Technologies devra compléter les plans détaillés du projet et obtenir toutes les approbations environnementales. Le PDG souhaite commencer l’aménagement du site avant l’hiver prochain, notamment avec les plateformes de béton. Il estime que l’usine devrait être bâtie d’ici deux ans.