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Former les cadres de la relève

Gérer les conflits entre les employés, s’assurer d’offrir un milieu de travail sécuritaire en tout temps, maximiser la performance de l’usine, et tout ça en tentant d’être un leader positif. Si ces compétences ne sont pas innées, elles s’apprennent.


20 septembre 2016
Par Opérations Forestières

Sujets
Sept cadres de la relève en étaient sur le point d’obtenir leur attestation d’études collégiales lors de la visite d’Opérations forestière en juin dernier.

Où peut-on trouver les cadres de la relève quand l’industrie fait face à une pénurie de main-d’œuvre ? La plupart du temps, les entreprises optent pour des employés qu’ils forment à l’interne. Mais ont-ils toutes les compétences pour devenir de bons leaders ? Pour s’assurer de former des cadres compétents, Formabois et le Cégep de Saint-Félicien ont développé une formation sur mesure pour répondre aux besoins de l’industrie.

« C’est en faisant un diagnostic des besoins de l’industrie du sciage qu’on s’est aperçu du besoin de former les cadres de la relève », explique Réjean St-Arnaud, directeur général de Formabois, le comité sectoriel de main-d’œuvre de l’industrie du bois. Les statistiques ne mentent pas : 20% des gestionnaires de l’industrie du bois partiront à la retraite d’ici 2020 ! Seulement chez Produits forestiers Résolu, ce sont 30 postes de cadres qui devront être comblés au cours des 5 prochaines années, 50 postes au total au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Les besoins sont énormes et pourtant, la technique en transformation du bois offerte dans quelques cégeps est désertée par les étudiants depuis maintenant quatre ans. Pour combler le besoin de formation, une attestation d’études collégiales de 400h, adaptée aux besoins de professionnels du sciage, a été mise sur pied.

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« La formation vise à fournir des ou-
tils techniques, par exemple sur le bilan matière et sur l’optimisation, pour avoir une meilleure vie d’ensemble du procédé, explique Romain Théberge, conseiller pédagogique au Cégep de Saint-Félicien. Les étudiants apprennent aussi des outils pour devenir un meilleur gestionnaire avec des formations sur la gestion des ressour-
ces humaines et la gestion de conflits. »

Dans les usines, les entreprises identifient les leaders susceptibles d’accéder à un poste de cadre, puis ils les libèrent pour une période de 12 semaines. Rencontré après un cours sur le séchage du bois, Steve Macdonald, 45 ans, était surpris par la qualité de la formation. « Je me suis aperçu qu’il me manquait pas mal de connaissances. Je suis certain que je vais voir une bonne différence en retournant à l’usine », estime l’homme qui travaille depuis 20 ans pour Produits forestiers Mauricie. Quelques jours après la rencontre, Steve allait devenir superviseur à plein temps.

Patrick Tremblay, un mécanicien industriel et superviseur remplaçant de 29 ans à l’usine de Produits forestiers Résolu de Saint-Félicien, était aussi rendu à ce stade dans son cheminement de carrière. « Je veux faire partie des solutions dans l’usine. Cette formation m’a donné un immense coffre à outils pour mieux gérer les relations humaines et pour mieux comprendre comment se gère une usine de sciage. Je comprends maintenant beaucoup mieux les décisions de mes supérieurs », lance Patrick, qui se sent stimulé par les nouveaux défis qui l’attendent.

Avec la bonne attitude, certains employés sont en mesure de gravir rapidement les échelons. Ce fut le cas de Michael Jean, qui a commencé à travailler à la scie-
rie de Mistassini de Résolu, il y a un peu plus d’un an. D’abord affecté au ménage, il est rapidement devenu opérateur, tout en formant les nouveaux, avant de devenir contremaître remplaçant. « Cette formation m’a appris à mieux travailler avec les gens. J’avais plutôt une approche directive par le passé avec les gens que je formais. Je vais maintenant chercher à mieux travailler en équipe, pour devenir un meilleur leader », explique le machiniste de 38 ans, qui voit que du positif à l’idée de devenir superviseur à plein temps, en commençant avec une augmentation de 4$/heure !

D’autres formations adaptées aux besoins
Cette attestation d’études collégiales (AEC) est aussi offerte aux personnes qui ne proviennent pas de l’industrie, s’ils complètent 1050 heures de formations, soit 650 heures de plus pour s’initier aux principes du sciage. Ces étudiants font alors deux stages de deux semaines dans des usines de sciage.

Une autre formation de perfectionnement de 45h est également offerte aux superviseurs et aux contrôleurs des usines de sciage. Cette formation est déjà offerte à Saint-Félicien et à Mont-Laurier, et elle devrait être disponible au Bas-Saint-Laurent et en Abitibi-Témiscamingue prochainement.