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Est-ce que l’avenir du bois passe par les produits écoresponsables?

Le bois est un produit renouvelable qui capte le carbone. Des qualités indéniables qui lui confèrent des avantages écologiques sur ses concurrents. De plus en plus d’entreprises misent sur ses qualités pour améliorer leur image de marque et mettre en marché leurs produits. Est-ce l’avenir de l’industrie?


Le bois est un produit écoresponsable. À partir de ce point de départ, je pense que c’est une question de faire une bonne mise en marché. Les produits du bois vont toujours avoir leur place dans un marché qui est préoccupé par l’environnement »,  estime Léon Marineau, vice-président, environnement chez Cascades.

 Selon M. Marineau, la plus grande force de changement de l’industrie provient des manufacturiers et des distributeurs, qui veulent montrer une image plus verte. Ensuite vient la demande des consommateurs écoresponsables qui représentent de 5 à 10 % du marché.

En manque de crédibilité, l’industrie s’est tournée vers les certifications forestières pour jouer la carte « écolo », car elles sont octroyées par une tierce partie, ce qui assure que les produits ont été récoltés de façon durable. La plus connue du lot, et une des plus rigoureuse en ce qui a trait aux normes environnementales, est la norme FSC (Forest Stewardship Council). « FSC a une très bonne réputation. Elle donne de la crédibilité à notre démarche », souligne M. Marineau.

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En 2009, RONA se dotait d’une politique de développement durable qui statuait que 100 % du bois qu’ils allaient acheter devait être certifié. « En tant que gros acheteur de bois, on voulait faire connaître nos attentes à l’industrie en lançant un message clair », explique Normand Dumont, vice-président, développement durable chez RONA. « Nous avons eu une très bonne collaboration de nos fournisseurs, particulièrement AbitibiBowater (aujourd’hui Produits forestiers Résolu), qui n’a pas hésité à faire certifier plusieurs territoires », ajoute-t-il. RONA, qui achetait 5 % de produits certifiés FSC en 2009, a déjà dépassé l’objectif d’atteindre 20 % qu’elle s’était fixée pour 2015.

Analyse de cycle de vie
Depuis quelques années, on entend de plus en plus parler d’analyse de cycle de vie, aussi connu sous le nom d’ACV. L’analyse de cycle de vie permet de dresser le portrait environnemental d’un produit en suivant de toutes les étapes nécessaires à sa production, de l’extraction des ressources naturelles jusqu’à son traitement en fin de vie.

Chez RONA, l’analyse de cycle de vie fait partie de la politique d’achats responsables. « C’est la plateforme sur laquelle on bâtit nos initiatives environnementales », souligne M. Dumont. L’ACV est une méthode de calcul scientifique qui permet de mettre un chiffre sur les émissions de carbone ou la quantité d’eau utilisée par exemple. Pour sa gamme de produits RONA-Éco, les fournisseurs doivent également tenir compte des ACV, une demande de plus en plus répandue.

Cet outil permet de comparer un produit afin d’identifier où se font les plus grosses inefficacités écologiques, soutient M. Marineau. « En réduisant la portion la moins efficace, on réduit le gaspillage », ce qui est souvent bénéfique d’un point de vue économique.

Une longueur d’avance
En misant sur l’ACV, le bois part avec une longueur d’avance, car il est renouvelable, il capte le carbone et il est moins énergivore que les autres matériaux. Selon Sylvain Labbé, président directeur général du Bureau de promotion des produits du bois du Québec (QWEB) et membre du conseil d’administration de l’Initiative de construction durable du Programme des Nations Unies pour l’environnement, des politiques sur la lutte aux changements climatiques comme celles que l’on retrouve en Europe favoriseraient l’utilisation du bois, particulièrement en ce qui a trait à l’utilisation du bois dans la construction non résidentielle. « Le bois va gagner si on met des politiques de réduction de l’empreinte environnementale. On n’a même pas besoin de se mettre sur la place publique et ça paraît beaucoup plus neutre ». L’ACV est l’outil de mise pour ce faire, car il permet de mettre des chiffres sur les affirmations. « Il faut que ce soit mesurable pour que l’on puisse réduire nos émissions de carbone et les comptabiliser », ajoute-t-il.

Le marché des produits écoresponsables est en constante évolution, mais « on sera toujours en mesure de vendre un bon produit qui ne coute pas cher, qu’il soit écolo ou non », tranche Léon Marineau.    •