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Enchères: les entrepreneurs forestiers à l’assaut


11 juin 2020
Par Guillaume Roy


Sujets

Le marché libre a permis à plus de 80 acheteurs sans garantie d’approvisionnement de remporter des volumes qui étaient autrefois réservés aux détenteurs de droits forestiers, entre 2013 et 2018. Sur ce nombre, on retrouve 67% d’entrepreneurs forestiers et 24% de coopératives ou de groupements forestiers.

Pour les entrepreneurs forestiers, les lots mis aux enchères représentent une opportunité d’affaires… qui est toutefois loin d’être une panacée, souligne Sébastien Dufour, le directeur général du Groupe Val, un entrepreneur forestier basé à Saint-Prime. « Ça nous permet d’allonger la saison de travail et de faire travailler notre monde plus longtemps », dit-il. « Même si 15% de notre approvisionnement provient du Bureau de mise en marché des bois (BMMB), on n’en profite pas vraiment, parce que les prix sont trop élevés ».

S’il devait opérer strictement avec des lots gagnés aux enchères, il estime qu’il ne serait pas capable de gérer ses coûts d’opération. « Plus on peut prévoir les opérations et plus on est rentable, parce qu’on doit bûcher les chemins au moins un an à l’avance », dit-il, en ajoutant que la prévisibilité est la meilleure façon de faire baisser les coûts d’approvisionnement.

Éric Rousseau, le directeur général de la Coopérative forestière Ferland-et-Boilleau, estime que les enchères ont été bénéfiques pour sa coop, qui a augmenté son volume de récolte de 50 000 mètres cubes, pour un total de 350 000 m3. « Ça nous ouvre certaines opportunités pour développer davantage », dit-il. Par exemple, la coop crée davantage de valeur en triant davantage le bois. « Ça nous permet d’envoyer le bon bois au bon endroit sans avoir à demander la permission à tout le monde », ajoute le directeur général. Ainsi, le sapin, une essence mal-aimée, est vendue à d’autres scieries, au lieu de prendre le chemin de la scierie Lignarex, une copropriété de la coopérative.

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Le tri est aussi le cheval de bataille de l’entrepreneur forestier Forex Langlois, basé en Mauricie. Ce dernier a créé un regroupement d’industriels pour trier le bois dans deux cours de triage, afin de générer plus de valeur avec chaque bille de bois. En plus des 200 000 m3 qui sont récoltés et triés sous la forme de garantie d’approvisionnement, Forex Langlois récolte aussi 100 000 m3 gagnés aux enchères chaque année.