Opérations Forestières

Nouvelles de l’industrie Politiques
ÉDITORIAL – Madame la ministre

Entrée en poste au début de l’automne, Martine Ouellet, ministre des Ressources naturelles a parlé de nombreux dossiers… sauf la forêt. Est-ce que la forêt fait partie de ses priorités?


20 février 2013
Par Mariève Paradis

Vous avez été nombreux lors de DÉMO 2012 à démontrer votre stupéfaction à la nomination de la ministre des Ressources naturelles du Québec. Martine Ouellet, qui travaillait auparavant chez Hydro-Québec, connaît bien les dossiers énergétiques. Mais saura-t-elle déceler les besoins de l’industrie forestière en pleine révolution?

Dans les derniers mois, les médias ont parlé de notre nouvelle ministre des Ressources naturelles et de ses orientations.

Tout d’abord, fallait s’y attendre, le Plan Nord tel que décrit par les Libéraux de Jean Charest est mort et enterré. Aux dires de la ministre, les projets du Nord étaient prévisibles vu le prix des métaux et même sans ce plan de marketing, ils auraient eu lieu. L’industrie forestière se demande d’ailleurs toujours quelle place elle aurait pu vraiment prendre dans ce plan économique d’envergure. Outre la valorisation de la biomasse forestière dans certaines régions plus au Nord, le Plan Nord n’offrait pas de grandes opportunités d’affaires pour les entreprises d’exploitation forestière. Par contre, avec un boom économique, vient la construction! Et c’est là que vous auriez pu également en bénéficier, plutôt que d’attendre la reprise économique tant attendue dans la construction résidentielle aux États-Unis. Mais ce plan est mort. Il n’y aura pas de construction importante, même celle de l’amphithéâtre de Québec ne sera pas obligatoirement de bois.

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C’est ce qu’a mentionné la ministre Ouellet pour rassurer le maire de Québec, Régis Labeaume. Le ministère des Ressources naturelles ne souhaite pas s’ingérer dans le choix de structure de cette mégaconstruction. La ministre dit laisser la responsabilité totale aux gestionnaires du projet. Ce projet aurait pourtant pu être un porteur, pour démontrer à la population québécoise, aux firmes d’ingénierie et d’architectes qu’un projet d’envergure peut être fait de bois. C’est une occasion ratée comme l’a mentionné André Tremblay, président du Conseil pour l’industrie forestière du Québec : « Il m’apparaît impensable d’écarter le bois à ce stade-ci puisque que celui-ci aurait pu s’avérer une alternative avantageuse par rapport aux autres matériaux. »

En entrevue à la radio de Radio-Canada à Rimouski en octobre dernier, la ministre Ouellet a aussi parlé d’une augmentation des redevances découlant de l’exploitation forestière. Selon elle, l’augmentation permettrait « d’augmenter les retombées locales, particulièrement au niveau des emplois ».

Que reste-t-il?
La ministre Ouellet ne souhaite pas aller de l’avant avec le Plan Nord. Il pourrait y avoir une autre forme de développement du Nord, qui pourrait toujours bénéficier à l’industrie forestière. Pour l’instant, il semble que le gouvernement soit toujours sur la table à dessin.

La ministre Ouellet ne souhaite pas d’incitatif pour la construction fait de bois dans les grands projets au Québec.
La ministre Ouellet souhaite augmenter les redevances aux Québécois pour l’exploitation forestière.

Encore rien sur la volonté du gouvernement péquiste de mettre la filière biomasse sur les rails. Rien non plus sur l’innovation ou le développement de nouveaux produits de la filière bois. Pourtant, le secteur énergétique possède des réponses claires quant à son avenir au Québec…

Dans son discours en septembre dernier, lors de l’assermentation des députés, la Première ministre Pauline Marois a incité la ministre Ouellet « à soutenir la relance du secteur forestier, une ressource renouvelable, abondante et irremplaçable pour la prospérité de centaines de nos communautés ».

Il faudra peut-être du temps pour connaître les intentions du nouveau gouvernement en matière d’exploitation forestière. Mais le temps est compté, car le nouveau régime demande déjà une adaptation importante pour l’industrie. Il faut espérer que « le joyau du Québec » qu’est la forêt, tel que  décrit par la nouvelle première ministre, aura une place dans les priorités du nouveau gouvernement.

 


Mariève Paradis
mparadis@annexweb.com