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Éditorial: La norme qui inquiète

En cessant le processus de médiation avec Produits forestiers Résolu, l’inquiétude des industriels forestiers envers la certification FSC risque d’augmenter.


Difficile de faire une médiation avec Résolu et Greenpeace à la même table. C’est pourtant ce que tentait de faire FSC International dans son processus de médiation… qui n’a pas aboutit. Résolu pourrait maintenant être destitué en tant que membre de FSC, sans toutefois perdre ses certifications FSC sur le terrain. Peu importe le résultat des discussions, la confiance en la norme FSC s’en trouvera fragilisée.

Sans compter que la révision de la nouvelle norme FSC, qui vise à remplacer les quatre normes en place au Canada, pour implanter une seule norme nationale, inquiétait déjà l’industrie forestière. « Si la résolution 65 est appliquée comme elle est, elle risque de diminuer la possibilité forestière, croit Karl Blackburn, directeur principal des affaires publiques et des relations gouvernementales pour Produits forestiers Résolu. Ça soulève beaucoup d’inquiétude et de questionnements. »

La résolution 65 vise à protéger 85% des forêts intactes. Mais pour l’instant, la description et les emplacements des forêts intactes n’ont encore été définis.

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En octobre dernier, Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ) a d’ailleurs envoyer une lettre à FSC Canada pour leur faire part de leurs inquiétudes. Si l’industrie doit choisir entre une certification et son approvisionnement en bois, elle choisira le bois, soutient André Tremblay, PDG du CIFQ. « L’évolution des exigences de certaines normes n’ont plus rien à voir avec nos réalités et nos capacités d’agir », dit-il, en soulignant que près de 85% des forêts intactes du Québec se retrouvent au nord de la limite nordique de récolte des arbres.

François Dufresne, président de FSC Canada, croit également qu’il sera possible de parapher une nouvelle norme sans perte d’approvisionnement forestier. Les forêts intactes au delà de la limite commerciale et la protection du territoire qui est lié au développement du plan nord font partie des morceaux du casse-tête pour couvrir les intentions de la motion 65, note M. Dufresne.

Dans une lettre de réponse adressée au CIFQ, voici comment M. Dufresne a présenté la situation. « La certification FSC n’a pas avantage à mettre des exigences pour faire disparaitre l’industrie forestière. La certification forestière existe afin d’être en mesure d’exploiter la forêt de façon responsable, mais cela doit être réalisable, sinon il n’y aura pas  de certification et les objectifs de la certification ne seront pas rencontrés. »

Pour mieux comprendre le point de vue de FSC, nous avons demandé à M. Dufresne de présenter la démarche entreprise par le certificateur (p. 38).

Même si la plupart des industriels demeurent inquiets et souhaitent des réponses plus précises, certains joueurs font confiance au processus. C’est le cas de Jim Lopez, président et chef de la direction de Tembec, qui croit que les nouvelles normes seront justes, car elles doivent satisfaire aussi bien aux intervenants environnementaux qu’aux industriels. « Certaines personnes ont peur du changement et ils assument le pire. Nous avons été les premiers à obtenir la certification FSC et nous n’envisageons pas de la délaisser, car c’est la meilleure au monde », dit-il.

FSC peut demander des normes plus rigoureuse que ce qu’exige le gouvernement, tout comme le fait la certification environnementale LEED (Leadership un environnemental and ecological design) dans le domaine de construction. FSC est une certification volontaire. Personne n’est obligé d’y satisfaire. Comme le diable est dans les détails, il reste à voir quelles seront les nouvelles exigences de la nouvelle norme et comment réagiront les industriels quand la elle entrera en vigueur en 2017.


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