Opérations Forestières

Nouvelles de l’industrie
Éditorial: Encore plus d’outils pour la construction en bois

Il faut continuer à développer des outils pour développer encore davantage le secteur de la construction non résidentielle en bois.


19 novembre 2019
Par Guillaume Roy

Il y a quelques mois, j’ai appris qu’un nouveau gymnase serait construit à l’école primaire de mes enfants. En voyant les plans de construction, j’ai été charmé par l’esthétique des énormes pièces de structure en bois, avec de larges baies vitrées pour faire entre la lumière naturelle.

Ce type de construction est de plus en plus courant, surtout depuis l’adoption de la Charte du bois en 2015, qui vise l’exemplarité gouvernementale. Bien sûr, le bois n’est pas toujours le meilleur matériau dans toutes les situations, mais la charte permet de développer les réflexes d’envisager le bois dans des structures non traditionnelles.

Selon le bilan de la charte du bois, rendu public en novembre dernier, l’évaluation de l’utilisation du bois à l’étape d’avant-projet a progressé de 40 % entre 2016-2017 et 2017-2018. « Pour ces deux années, le bois a été retenu comme matériau de structure ou d’apparence dans la presque totalité des projets évalués », peut-on y lire. En 2016-2017, les 102 projets évalués ont retenu le bois comme matériau de structure, alors que 137 des 143 projets évalués en 2017-2018 en ont fait autant.

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Autre signe que le bois prend du galon : le pourcentage de bâtiments non résidentiels de quatre étages ou moins ayant une structure principale en bois est passé de 15 % en 2006 à 28 % en 2016.

Pour faciliter encore plus la tâche des ingénieurs et architectes, le ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs a travaillé avec le Centre d’expertise sur la construction commerciale en bois (CECOBOIS) pour développer une calculatrice carbone qui permet d’estimer et comparer les émissions de GES liées à la fabrication des matériaux de structure pour différents scénarios de construction de bâtiments qui ont la même fonction.

Cet outil, dénommé GEStimat, a été développé par le Centre d’expertise sur la construction commerciale en bois (Cecobois), pour favoriser la construction à faible empreinte carbone. L’outil permet de comparer 6 scénarios à la fois tout en utilisant des bâtiments types pour faciliter le calcul si tous les détails du projet ne sont pas connus. De plus, il permet de savoir exactement d’où proviennent les émissions. L’outil permet ainsi l’évaluation systématique du bois à l’étape d’avant-projet pour tous les projets financés en tout ou en partie par des fonds publics.

Pour l’instant, GEStimat n’inclut même pas la quantité de carbone capté par le bois lors de sa croissance. Et malgré tout, le bois est le champion des GES, car ce matériau naturel nécessite très peu d’énergie lors de la transformation. En moyenne, l’utilisation du bois permet donc de réduire les émissions de 80 à 100 kg de CO2 par mètre carré de plancher en comparaison avec une structure en béton armé !

Avec sa capacité de capture du carbone, le bois est le matériau par excellence de l’avenir. On serait fou de s’en passer. Et il faut se doter d’un maximum d’outils pour faire connaître tous les avantages du bois tout en développant l’expertise localement pour être les leaders mondiaux de la construction bois.