Opérations Forestières

Nouvelles de l’industrie
Éditorial: Des éclaircies à travers les nuages

L’industrie est bien outillée pour passer à travers les droits compensatoires imposés par les Américains.


13 juin 2017
Par Guillaume Roy

Le soutien gouvernemental de 300 millions de dollars, le faible court du huard et l’augmentation de la construction résidentielle au sud de la frontière aideront à faire face aux droits compensatoires.

Ces taxes portent un dur coup à l’industrie forestière québécoise. Mais au moins, le marché du bois d’œuvre est bien meilleur que lors de la dernière crise, souligne Réjean Paré, président et chef des opérations de Rémabec.

PwC Canada soulignait d’ailleurs que « les facteurs fondamentaux du secteur des produits de la construction demeurent favorables en raison de la croissance constante du nombre de mises en chantier aux États-Unis, en hausse de 9,9 % au T4 de 2016 par rapport à la même période en 2015. » La demande pour le bois est donc bien réelle.

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En lançant un autre conflit sur le bois d’oeuvre, les Américains américains ne cherchent qu’à créer un effet de rareté et de faire augmenter les prix à la consommation.

Même si c’est un avantage artificiel, la faiblesse du dollar canadien aide aussi l’industrie en ces temps difficiles.

l’instauration de cette nouvelle taxe de 19,88% (12,82% pour Résolu), amène son lot d’incertitude. « C’est une taxe injuste et immorale », a souligné Karl Blackburn, directeur principal, Affaires publiques et relations gouvernementales chez Résolu. Ce dernier ajoute que les acheteurs ont mis le pied sur les freins depuis l’annonce des droits compensateurs. Résultat : les inventaires de bois demeurent élevés et certaines usines ont déjà réduit le nombre de quarts de travail.

L’annonce du gouvernement Couillard de mettre rapidement en place un programme de garantie de prêt à la hauteur de 300 millions de dollars est accueillie de manière très positive par l’industrie. Ça fait longtemps que le gouvernement n’a pas appuyé aussi clairement l’industrie forestière (en plus d’investir 2,7 M$ dans le Collectif pour une forêt durable). « Ça nous donne des outils pour nous battre jusqu’au bout », souligne M. Blackburn.

Comme le Canada a gagné toutes ses batailles en justice contre les Américains en ce qui a trait au conflit du bois d’œuvre, il n’y a pas de raison que ça change cette fois-ci. D’autant plus que le Québec a instauré un nouveau régime forestier pour mieux refléter le prix du marché. Ce faisant, le cout de la fibre a considérablement augmenté.

Sans changer complètement le régime, plusieurs ajustements doivent être faits, notamment en ce qui a trait à la prévisibilité. Il n’est absolument pas normal que les entreprises ne sachent pas où ils bucheront l’an prochain. Si l’Ontario est capable d’octroyer les secteurs de coupe pour 10 ans, le Québec devra être en mesure de cibler quels secteurs seront coupés pour au moins les trois prochaines années. Pour être efficace, il faut savoir ou l’on va et ça commence avec les prévisions de coupes.

Une autre lueur d’espoir : ça fait longtemps que l’on n’a pas vu autant d’investissement dans le secteur forestier. Maibec a investi 28 M$ dans son usine de Saint-Pamphile. Remabec a investi 10 M$ dans son usine de sciage de Parent (p.14), 17 M$ à Shawi-
nigan, 2,6 M$ à St-Séverin, en plus d’investir 104 millions pour la construction d’une usine de biocarburant à Port-Cartier. Produits forestiers DG ont investi 7 M$ à St-Aurélie. Uniboard 29 M$ à Sayabec. Plus de 15 M$ ont aussi été investit à pour la relance de la scierie de Saint-Michel-des-Saints. Plus récemment, c’est Produit forestier Petit-Paris qui faisaient l’annonce de l’achat d’une nouvelle ligne de sciage de 7,6 M$. Tout ça, sans compter les autres petits investissements dans les scieries du Québec. Bref, les usines sont plus productives et plusieurs entreprises sont plus compétitives que jamais.

La crise sera dure, mais si le gouvernement fédéral réagit rapidement en mettant en place un programme de garantie de prêts, comme Québec l’a fait, l’industrie pourra s’en sortir.

Le ciel n’est pas rose et l’industrie devra passer à travers une autre tempête, mais cette fois-ci, elle semble bien équipée pour y faire face.


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