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Des nouveaux simulateurs québécois sur le marché

Après avoir développé des simulateurs pour les engins de construction depuis 20 ans, CM Labs Simulations a lancé de nouveaux simulateurs forestiers qui sont déjà utilisés par plusieurs centres de formation.


29 octobre 2021
Par Guillaume Roy et Ellen Cools

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Les simulateurs de CM Labs sont utilisés par les étudiants du Centre de formation professionelle de Mont Laurier. Crédit L CM Labs

Fort d’une expérience dans le domaine de la construction, CM Labs Simulations a établi des partenariats avec des manufacturiers d’engins forestiers, dont Tigercat, pour mettre sur pied une offre de simulateurs forestiers. « Nous avons travaillé avec plusieurs manufacturiers d’équipements lourds, pour faire de l’ingénierie inversée », souligne Julien Richer-Lanciault, chef du produit pour CM Labs Simulations. 

Alors que la compétition fait souvent des produits qui ressemblent à un jeu vidéo, CM Labs propose des simulateurs qui sont axés davantage sur l’ingénierie, dit-il. « Et c’est ce qui nous différencie sur le marché ».  

CM Labs avait pénétré le marché forestier avec des simulateurs pour la voirie forestière. Plus récemment, ce sont des simulateurs pour le pilotage d’abatteuse multifonctionnelle et de transporteurs qui ont été développés pour compléter la ligne de produits forestiers.

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Au cours des derniers mois, CM Labs a notamment remporté quelques appels d’offres auprès de centres de formation professionnelle (CFP), dont le CFP de Mont-Laurier pour la voirie forestière. Les CFP de Forestville et du Pays-des-Bleuets ont aussi de l’intérêt pour le produit. Mais ce n’est pas tout, car des clients ont démontré de l’intérêt d’un océan à l’autre au Canada, ainsi qu’en Amérique du Nord et à l’international, souligne Julien Richer-Lanciault. 

Les programmes de formation exposent les étudiants à des scénarios du monde réel dans des environnements ou l’on retrouve plusieurs espèces d’arbres ainsi que des scénarios pour la conduite hors route.

Sur le simulateur de transporteur, les opérateurs ressentiront tout, y compris le retour de la grue lors de la saisie de plusieurs grumes et la suspension de la machine lors de la conduite hors route.

Le simulateur d’abatteuse utilise les spécifications de la machine fournies par Tigercat, reproduisant avec précision tout, y compris le système hydraulique de l’abatteuse, le comportement du moteur, le fonctionnement de la grue et le mouvement de la tête de l’abatteuse.

Pour optimiser l’utilisation des simulateurs, CM Labs travaille de près avec les instructeurs, pour qu’ils soient confortables avec l’outil de formation. Plus le formateur est compétent et plus les étudiants avanceront rapidement. Sauver du temps, des bris et des accidents est justement l’objectif numéro un de tels simulateurs, qui permettent de gagner en confiance avant d’utiliser les vraies machines. Il est aussi possible de travailler des aspects spécifiques, comme les temps de cycle. 

Selon les évaluations effectuées jusqu’à maintenant, les simulateurs permettent d’améliorer l’efficacité de l’élève de 10 à 30% et d’éliminer les « mauvais plis », note Julien Richer-Lanciault. « Notre technologie permet de mieux comprendre la machine et de voir comment elle réagit, par exemple si elle roule à l’envers, dit-il. On peut recréer cette certaine peur pour que l’élève acquière les bons réflexes afin d’éviter que ça survienne pour vrai. » Le gain en expérience acquise se transpose ensuite sur le terrain. 

Le coût d’un simulateur est d’environ 10 à 20% d’une vraie machine et peut rentrer dans le budget de formation continue, note le chef de produit. 

Étude de cas
Le Centre de formation professionnelle de Mont-Laurier utilise les simulateurs d’équipement forestier de CM Labs dans le cadre de son programme de formation en foresterie. 

Selon Mario Leduc, directeur adjoint de l’école, les avantages de l’utilisation de simulateurs sont évidents : après une semaine (30 heures) de formation sur les simulateurs, les étudiants passent à la formation sur l’équipement réel. Avant d’utiliser les simulateurs, il fallait un jour ou deux aux étudiants pour se sentir suffisamment à l’aise pour commencer à opérer. Maintenant, ils commencent à fonctionner dans les cinq à 10 minutes, a expliqué Leduc.

« Nos enseignants et techniciens sur le terrain ont réalisé qu’une semaine d’utilisation de simulateurs était un très gros plus pour les étudiants en termes de confiance dans la machinerie, ce qui est très important », a déclaré Leduc.

Ainsi, l’école peut maximiser ses ressources de formation et les étudiants non seulement réussiront leurs cours, mais utiliseront en toute confiance les machines, a-t-il déclaré.

En utilisant des simulateurs au début de la classe, l’école économise les coûts associés au fonctionnement de l’équipement réel pendant la première semaine de formation. Et parce que les étudiants se sentent plus en confiance lorsqu’ils commencent à utiliser les vraies machines, cela réduit le nombre d’accidents et les coûts de maintenance.

Un outil pour le recrutement
En plus de son utilisation pour la formation, de tels simulateurs peuvent s’avérer un excellent outil de recrutement, pour faire découvrir comment fonctionnent les machines en forêt. « La simulation peut vraiment jouer un rôle important pour améliorer l’image de l’industrie forestière et pour démontrer les pratiques durables », note Mala Dewan, responsable marketing des produits.