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Des coûts salés pour bûcher dans le nord

Une étude réalisée par ÉcoRessources inc. pour le compte de Nature Québec révèle que les coûts reliés à l'éventuelle exploitation de la forêt boréale au-delà de la limite nordique seraient prohibitifs.


12 février 2014
Par Nature Québec

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Québec, le 11 février 2014 — Une étude réalisée par ÉcoRessources inc. pour le compte de Nature Québec révèle que les coûts reliés à l’éventuelle exploitation de la forêt boréale au-delà de la limite nordique seraient prohibitifs. « Les coûts et les bénéfices de l’éventuelle exploitation de la forêt au nord du 51e parallèle ont été estimés tant pour le secteur privé que pour le secteur public et pour la société québécoise », déclare Christian Simard, directeur général de Nature Québec.

Pour le privé, en se basant sur le prix actuel du marché, les revenus seraient généralement inférieurs aux coûts d’exploitation, estimés pour le seul secteur du transport de la matière ligneuse à plus de 50 millions de dollars annuellement. Pour le secteur public, le gouvernement serait loin d’y trouver son compte. Les coûts relatifs aux infrastructures routières, aux contrats d’aménagement forestier, sans compter les programmes de subventions, atteindraient 16,5 millions de dollars par année pour des revenus fiscaux annuels et issus des redevances totalisant environ 14,8 millions de dollars. Pour la société québécoise, les coûts seraient également très importants. La destruction des biens et services environnementaux s’élèverait en effet à plus de 83 millions de dollars par année pour des retombées équivalentes à une augmentation de 70 millions de dollars du produit intérieur brut annuel.

« Ces estimations sont conservatrices et indiquent la non-rentabilité de l’éventuelle exploitation de la forêt nordique. Déjà, lorsque l’on considère les revenus et les dépenses du ministère des Ressources naturelles pour le secteur forêt, les dépenses excèdent largement les revenus. Pour l’année financière 2012-2013, les revenus totalisaient 187,9 millions de dollars pour des dépenses de 470,4 millions de dollars[1] », rappelle Christian Simard.

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La limite nordique des forêts attribuables doit être maintenue

« L’incertitude concernant l’ouverture de la forêt boréale au-delà de la limite nordique plane toujours. En effet, une mesure inscrite dans le Plan Nord prévoyait d’ouvrir ce territoire à l’exploitation forestière. Cette mesure, qui traîne toujours dans les cartons ministériels, ne doit pas être mise en œuvre. Même si certains peuvent être tentés d’exploiter la forêt boréale nordique, l’étude publiée aujourd’hui démontre que ce serait aberrant sur le plan économique », de poursuivre Christian Simard.

Rappelons que la limite nordique des forêts attribuables se situe autour du 51e parallèle. Instauré en 2002, ce tracé sépare la forêt boréale continue en deux. Au sud, la forêt est exploitée, au nord, elle est exempte d’activités forestières. Depuis 2005, un comité scientifique a pour mandat d’examiner et de revoir cette limite en acquérant de nouvelles connaissances. Les résultats des travaux de ce comité sont attendus sous peu.

« C’est à la ministre des Ressources naturelles d’agir en maintenant la limite nordique et en enterrant ce projet d’ouverture de la forêt boréale nordique », de conclure Christian Simard.

L’étude publiée aujourd’hui, intitulée Les coûts et les bénéfices de l’exploitation forestière au nord du 51e parallèle, a été réalisée grâce à la contribution de la fondation Ivey et de l’Initiative boréale canadienne. Elle est en ligne sur le site web de Nature Québec : http://www.naturequebec.org/fileadmin/fichiers/Aires_protegees/RA14-01_LimiteNordique_EcoRess.pdf.