Opérations Forestières

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De vrais vétérans !

Une compagnie de Timmins réussit à garder ses employés très longtemps malgré la concurrence de l’industrie minière.


19 mars 2013
Par Bill Tice
Nighthawk Timber utilise trois abatteuses Tigercat 870 C avec têtes GN Roy et quatre 855 C avec têtes Waratah 622 B

Si vous vous aventurez dans le fond de l’atelier de la compagnie Nighthawk Timber à Timmins dans le nord de l’Ontario, il y a de fortes chances que vous y trouviez Jean-Marc Roy en train de ranger les pièces qu’il vient de recevoir de ses fournisseurs, ou encore occupé à organiser le travail des trois mécaniciens et des quatre aires de service que compte le garage. Il n’y a là rien d’inhabituel, jusqu’à ce que vous réalisiez que Jean-Marc Roy est âgé de 72 ans et qu’il est loin de vouloir prendre sa retraite.

« Je veux seulement rester actif et en forme, et c’est ce que me permet le fait de continuer à travailler », explique Jean-Marc Roy dans sa langue maternelle, le français. La compagnie Nighthawk Timber a fait partie de toute sa vie adulte, dit-il, puisqu’il y travaille depuis plus de 30 ans; même avant, il était propriétaire d’une entreprise que Nighthawk Timber a rachetée en 1979.

« Jean-Marc est une composante essentielle de notre équipe, poursuit Dave Stringer qui possède aujourd’hui la compagnie avec son frère Don. Il fait partie du bon nombre d’employés vétérans que nous avons. En fait, nous avons deux employés qui sont avec nous depuis plus de 30 ans et sept autres qui ont 20 années et plus de service. »

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Un des plus grands défis auxquels sont confrontées beaucoup d’entreprises forestières à proximité de Timmins est le recrutement de personnel face à la concurrence des compagnies minières locales. Dave Stringer affirme que c’est tout à fait le cas chez Nighthawk Timber, mais il ajoute que sa compagnie a essayé de réduire le roulement de personnel en offrant des salaires compétitifs, des bonus et une gamme de bénéfices dont un régime de retraite. « Timmins est une ville minière et en raison du prix de l’or, nous n’avons pas senti le ralentissement que le reste du pays a subi, explique-t-il. Une solution qui nous a servis a été notre volonté de prendre des gens qui n’avaient pas d’expérience avec l’équipement forestier ou qui en avait peu, et de les former. On y arrive en associant un bleu à un de nos gars plus expérimenté jusqu’à ce qu’il atteigne la conformité face à toutes les questions de sécurité avant de le laisser travailler de façon indépendante. »

Dave Stringer a aussi trouvé que le fait d’offrir des options quant aux quarts de travail et aux conditions de vie pouvait être favorable au recrutement. « Quand nous sommes dans un camp, si un gars veut travailler quatre quarts de 11 heures par semaine et avoir ensuite trois jours de congé, nous sommes ouverts à ce choix. Le fait de vivre dans un camp est attrayant pour environ 15 % de nos employés qui ne sont pas de la ville, ainsi ils n’ont pas besoin de se trouver à loger localement. C’est vraiment un compromis. Au bout du compte, on peut se retrouver avec des employés qui mettent moins d’heures sur la machine, mais ils sont plus heureux, ce qui se traduit en étant plus productifs au travail, et cela signifie que nous pouvons garder plus d’employés sur une longue durée. »

Des machines appréciées
Gilles Dussault travaille en forêt, il est l’un de ces employés de longue date puisqu’il a passé les 18 dernières années au service de la compagnie. Il a commencé au sein d’une petite entreprise d’agrégats appartenant à la compagnie avant de monter à bord des machines forestières. « J’ai commencé dans une carrière de gravier et peu à peu je suis allé en forêt, maintenant j’y suis à l’année longue, dit-il depuis la cabine de son abatteuse multifonctionnelle Tigercat 855 équipée d’une tête Waratah 622B. C’est une bonne exploitation et ils ont d’excellents équipements munis de chauffage, de climatisation et de toutes les autres choses dont nous avons besoin. »

Ghislain Caron, de Timmins, manœuvre lui aussi une Tigercat 855 avec une tête Waratah 622. C’est une des plus récentes machines du parc d’équipement de Nighthawk Timber et selon lui, elle est hautement productive et confortable. Il fait partie de la compagnie depuis quelque 13 années. Contrairement à d’autres, il est passé d’un emploi de foreur à diamant dans le secteur minier à un emploi forestier. Une des choses qu’il apprécie vraiment chez Nighthawk Timber est la stabilité. « La compagnie peut nous garder actif pratiquement 12 mois par année, ce qui est vraiment bien. Avec d’autres emplois, ça peut bien aller, puis être mis à pied quelque temps. » Tout comme son collègue Gilles Dussault, il aime la récente machinerie et ajoute que le tandem Tigercat-Waratah rend son travail facile et agréable.

Aujourd’hui, Nighthawk Timber utilise trois abatteuses-groupeuses Tigercat 870 avec têtes GN Roy, quatre autres Tigercat 855 avec têtes Waratah 622B et une Tigercat 860 avec le même modèle de tête Waratah. Trois transporteurs Tigercat 1075 et deux transporteurs Valmet 890.3 s’occupent du débardage alors que les huit camions Kenworth T800 de la compagnie, assistés de neuf autres camions de sous-traitants, voient au transport.

La compagnie dispose également de machines pour la construction de chemin dont une excavatrice Komatsu 300 et une excavatrice Caterpillar 325 ainsi que deux bouteuses Caterpillar (D7R et D6R). « Nous construisons plus de 50 km de chemin par année, chemins d’été et d’hiver, indique Gilles Rocheleau, le responsable de cette section qui, lui, compte 13 ans de service. »

Une croissance inattendue
Dave Stringer explique que la compa-
gnie a pris de l’expansion il y a environ quatre ans. « Cela semble un peu bizarre de grossir quand les affaires vont au ra-
lenti comme c’était le cas il y a quatre ans, mais nous avons alors eu l’opportunité de prendre à notre compte les opérations d’un autre entrepreneur qui travaillait principalement sur des parterres de coupe d’été, poursuit-il. Avant cela, nous n’avions pas assez de contrat pour des coupes d’été, il était donc difficile de garder tous les employés à l’embauche toute l’année. Pour nous, l’expansion s’avérait la bonne chose à faire. »

Nighthawk Timber alimente principalement EACOM Timber, la compagnie qui a racheté l’an dernier la plupart des scieries de Domtar en Ontario et au Québec. Dave Stringer prévoit qu’il fournira à EACOM Timber cette année quelque 300 000 mètres cubes de bois : les trois quarts iront directement dans les scieries de EACOM alors que le reste sera redirigé par EACOM vers d’autres usines de la région, dont celle de panneaux OSB de Georgia Pacific à Englehart.

Comme les billes aboutissent à différentes usines de la région, Dave Stringer fait remarquer qu’il a besoin d’un bon soutien d’équipe de la part de ceux qui travaillent dans les bureaux, notamment Lori Martin et Monique Morin « Ils réussissent à ordonner toute la paperasse. Il y a beaucoup à faire du côté administratif et Lori et Monique arrivent à nous garder à flot. »

Une affaire de famille
Pour Dave Stringer et son frère Don, l’industrie forestière a toujours été au cœur de leur vie. Leur père Ken exploitait une entreprise d’abattage tandis que leur mère Sheila s’occupait des livres. « Nous avons grandi tout en travaillant pour l’entreprise, rapporte Dave. En 1979 lorsque l’entreprise détenue en partie par Jean-Marc Roy a été mise en vente, nous avons décidé de l’acheter avec notre père. Nous avons alors regroupé les deux entreprises et c’est ainsi que nous avons commencé. » Finalement, les deux frères ont racheté la part du père.

Au début, même si la compagnie était mécanisée, il y a avait encore un peu de coupe manuelle. On travaillait avec des débusqueuses à câble Timberjack 230 et des abatteuses Drott 40 munies de têtes à cisaille; on ébranchait avec la scie à chaîne. Aujourd’hui, il en va tout autrement, de dire Michel Dumas qui a 30 ans d’ancienneté. « Les nouvelles machines sont formidables. Je travaille sur une des nouvelles Tigercat 870, elle roule en douceur, la maniabilité est excellente et la machine est construite pour accomplir la tâche. »

L’opérateur Remi Leblond l’approuve complètement. Avec seulement quatre années de service pour la compagnie, il fait partie des nouvellement embauchés. « Comparé à certains de mes collègues, je suis un nouveau, avoue-t-il, mais je suis dans le domaine depuis 1993. Je conduis la multi et le transporteur de temps à autre, mais la plupart du temps, je suis aux commandes de l’abatteuse et je dois admettre qu’elle est beaucoup plus stable que les vieilles machines que j’ai manoeuvrées auparavant. »

Remi Leblond n’aime pas que la machine, il apprécie également la compagnie et son travail. « C’est une excellente compagnie pour laquelle travailler, et dans ma tâche, les choses changent tous les jours. Vous ne vous ennuyez pas. Ce n’est pas comme rester assis à un bureau jour après jour, ou encore faire continuellement face à la roche dans une mine. » Les propos de Ron Racicot, l’un des vétérans avec 33 ans de service, vont dans le même sens : c’est formidable de travailler pour cette compagnie. « Les Stringer sont de bonnes personnes et ils prennent soin de nous, dit-il. »

Voila le genre de commentaire que Dave et Don Stringer aiment entendre. « C’est important pour nous d’avoir des travailleurs qui veulent être ici, explique Dave. Nous sommes ici pour longtemps et nous espérons que nos employés le seront aussi. »

La plupart ne feront pas partie du personnel aussi longtemps que Jean-Marc Roy, mais la liste de ceux qui ont rejoint le club des 20 ans et plus de service continue de s’allonger.   


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