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Croissance de feu en Ontario

TheWood et Fils a connu une croissance fulgurante en Ontario en saisissant toutes les opportunités pour rendre les opérations plus efficaces.


30 juin 2021
Par Guillaume Roy


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Alexandre Dubois, Benoît Renald et Keven Dubois, trois des quatre actionnaires de TheWood & fils. photos gracieuseté de TheWood

En 2017, Pierre Cormier, le vice-président foresterie et opérations forestières pour Produits forestiers Résolu, a contacté Keven Dubois, pour lui demander s’il était intéressé à aller couper 25 000 mètres cubes de bois en Ontario. 

« On était intéressé par l’offre, mais pas juste pour faire 25 000 m3, souligne Keven Dubois. On lui a dit qu’on était prêt à y aller pour la vie ou on n’y allait pas du tout ». 

C’est ainsi que l’entreprise forestière TheWood et Fils a fait le grand saut en Ontario. « On avait fait le tour de la forêt au Québec. C’était rendu de plus en plus compliqué ici. On était prêt à relever de nouveaux défis et grandir là-bas », ajoute Keven Dubois. Ce dernier a en fait racheté l’entreprise de son père Jean-Pierre, dénommée Forestier RPGM, qui est encore le nom officiel, avec trois partenaires d’affaires, son frère, Alex, 27 ans, ainsi que Benoit Renald, 33 ans, et Maxime Lachance, 24 ans. Avec Keven comme ainé à 37 ans, le groupe de jeunes entrepreneurs envisage l’avenir avec beaucoup d’optimisme. 

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À leur arrivée à Thunder Bay, le 14 février 2017, l’équipe de TheWood est arrivée avec une douzaine d’employés pour opérer trois kits d’abatteuses multifonctionnelles avec trois transporteurs. 

Dès le départ, l’entreprise met sur pied un modèle d’affaire innovant, en implantant des équipes volantes (fly-in, fly-out), à raison de deux semaines de travail suivi de deux semaines de congé. Des avions sont alors mobilisés, avec Chrono Aviation, ou avec Nolinor, pour transporter les travailleurs à partir de Québec, avec un arrêt à Roberval, pour se rendre à Thunder Bay. Avec des coûts de transport élevés, l’entreprise doit optimiser ses opérations et c’est pourquoi des équipes sont à l’œuvre 24 heures sur 24 sept, jours par semaine, cinquante semaines par année. Chaque jour, deux équipes se relaient pour des quarts de travail de 12 heures.  

« Ce modèle nous a permis d’élargir notre bassin de recrutement à la grandeur du Québec », remarque Keven Dubois, ajoutant qu’il embauche des travailleurs de presque partout au Québec. L’horaire condensé fait en sorte que ses employés travaillent cinq mois et demi par année, un avantage de taille pour plusieurs. 

Avec ce modèle efficace, l’entreprise s’est rapidement rendu compte qu’elle coupait trop de bois pour la quantité de chemins forestiers disponibles, car les entrepreneurs en construction de chemin ne travaillaient de quatre jours par semaine. « On s’est acheté deux pelles et on s’est mis à construire des chemins », lance Keven Dubois. 

Avec 100 000 m3 de bois en inventaire, Résolu lui a demandé s’il était intéressé à acheter un camion de bois en longueur. « Il restait de la place dans l’avion, alors on a décidé de saisir cette opportunité-là aussi », dit-il, avant d’en acheter deux autres quelques mois plus tard. 

Pour compléter les opérations, TheWood finit par acheter une niveleuse, une chargeuse, huit camions et un fardier. 

Mine de rien, TheWood est devenu un entrepreneur général en foresterie, qui emploie 95 personnes. « On a grossi rapidement par nécessité, note Keven Dubois. On a perdu beaucoup d’argent parce qu’on ne contrôlait pas toute la chaîne de valeur », dit-il, soulignant que l’entreprise a été bien accompagnée par Résolu à travers cette croissance exponentielle. 

TheWood a lancé deux filiales pour la construction de chemins forestiers et pour le camionnage, avec différents actionnaires. En mars dernier, l’entreprise à rajouter la coentreprise Forexpert, mise sur pieds avec Martin Simard ainsi que deux ingénieurs forestiers, Martin Lajeunesse et Pascal Larin, pour la planification des opérations pour TheWood et pour d’autres entreprises. l’entreprise a été 

Cette croissance permet désormais à TheWood d’offrir un service clé en main pour planifier, bucher et transporter près de 500 000 mètres cubes par année jusqu’aux usines de PFR en Ontario, note Martin Simard, qui a été nommé directeur général de TheWood et président de Forexpert.

Le défi au cours des prochains mois sera de faire une planification à plus long terme, au moins sur trois ans, notamment pour construire des chemins à l’avance, une des clés pour générer plus de revenus. 

Aujourd’hui, la majorité des travaux se font en Ontario, mais TheWood demeure toujours disponible pour réaliser des opérations ponctuelles. « On est un peu devenu un entrepreneur stratégique pour Résolu », note Keven Dubois. 

Changer les machines tous les deux ans
En utilisant la machinerie presque sans relâche à l’année permet d’optimiser les opérations. Pour être rentables, les machines doivent être performantes et c’est pourquoi TheWood fait une rotation de tous ses équipements tous les deux ans. 

En avril dernier, l’entreprise venait d’acheter deux abatteuses, une John Deere 953 MH et une Tigercat 855E, toutes deux munies de têtes Ponsse H8, ainsi qu’un tracteur sur chenilles Cat D6 et un niveleuse Cat 772GP. « La machine parfaite n’existe pas et on aime tester différentes machines », souligne Keven Dubois. 

Un transporteur TimberPro, fourni par Machinerie Tanguay, a aussi été commandé. Pour l’automne, TheWood magasine pour faire l’achat d’un nouveau camion et d’une abatteuse, et l’entreprise investira dans une nouvelle chargeuse Liebherr H-30. 

Des fournisseurs du Lac
Même si TheWood opère en Ontario, elle s’approvisionne presque en totalité auprès de fournisseurs du Lac-Saint-Jean, en investissant près de 6 millions de dollars par année. « On est tellement bien servi au Lac », note Keven Dubois. TheWood loue donc ses camps forestiers auprès de Camp NT. Elle achète ses machines à Wajax, Équipement JYL et Hydromec. Elle se fournit en pièces chez Napa Saint-Félicien, et elle fait affaire avec Jean Dumas Ford pour sa flotte d’une quinzaine de pick-up. « C’est grâce à tous ces fournisseurs si TheWood est un succès, parce qu’on n’a jamais été mal pris », souligne Keven Dubois en ajoutant que Wajax est le seul fournisseur à être venu les voir en forêt. 

Au cours des prochaines années, TheWood souhaite stabiliser les opérations en mettant sur pied une planification stratégique à long terme et en misant sur de bons outils de gestion. Par exemple, l’entreprise utilise le logiciel de gestion de flotte de camion d’Isaac instruments, basée à Saint-Bruno-de-Montarville. « On a espoir d’avoir un jour internet en forêt pour avoir les données en temps réel comme c’est le cas avec nos camions », remarque Keven Dubois. « Quand internet pogne, on est sauvé, parce que les mécanos peuvent faire des réparations à distance avec TeamViewer ». 

Signe des temps, TheWood est aussi très actif sur les réseaux sociaux, notamment sur Facebook, où plus de 4700 personnes suivent leurs activités. « On veut démontrer une image positive de la foresterie et de notre entreprise », ajoute ce dernier, ce qui facilite aussi le recrutement de main-d’œuvre.