Opérations Forestières

Nouvelles de l’industrie
Congrès en folie !

Saison des congrès


23 mai 2019
Par Guillaume Roy

Le printemps, c’est la saison de la maintenance pendant la période du dégel, mais c’est aussi la saison des colloques. Au cours des derniers mois, Opérations forestières à participer à plusieurs conférences, notamment au congrès de la Fédération québécois des municipalités, lors du Carrefour Forêt 2019 et du Congrès de Montréal sur le bois. Voici les principaux éléments qui nous ont marqués.

Innovation : à chacun sa recette
Chaque entreprise dispose de sa propre recette pour innover. Lors du Carrefour Forêt 2019 présenté à Québec, cinq entreprises forestières sont venus présenter comment elles innovent.

« Qui aurait pensé qu’on regarderait pour lancer un service de garde ou faire des affiliations avec des CPE pour supporter nos employés il y a quelques années », a lancé fièrement Sébastien Crête, directeur général du Groupe Crête. Pour améliorer la qualité de vie au travail, l’entreprise a développé des services, comme un service de garde, des repas du midi, des conférences, des abonnements au gym, tout en proposant des horaires flexibles.  Au cours des prochains mois, d’autres projets devraient se concrétiser pour offrir des forfaits cellulaires, davantage de formations, des activités de reconnaissance, des bonus de performance, des sondages auprès d’employés et plus encore.

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Chantiers Chibougamau a misé sur l’innovation pour diversifier sa gamme de produits, avec le bois d’ingénierie. Pour Produits forestiers Résolu (PFR), les partenariats sont une très bonne manière de faire de l’innovation, que ce soit avec des instituts de recherche comme FPInnovations, ou encore avec un de leur plus grand compétiteur de pâte Kraft, Mercer International, pour développer de nouveaux marchés dans le secteur des bioproduits.

Chez Uniboard, l’innovation passe par le design de produits plus sexy pour les consommateurs, a expliqué James Hogg président et chef de la direction de l’entreprise. Par exemple, le procédé TFL, qui augmente l’impression du bois véritable, si bien que le « faux devient parfois plus beau que le vrai », dit-il.

Pour valoriser les résidus forestiers, Xylo Carbone a décidé de déployer un site de triage, ou chaque partie de l’arbre est valorisée au maximum, a expliqué Simon Langlois, président de l’entreprise. « La qualité la plus faible qui restait sur le parterre est utilisée dans notre charbonnerie », dit-il. L’entreprise produit ainsi du bio charbon, destiné au marché du barbecue, de l’agriculture, de l’épuration de l’eau et de l’air et de la réduction de métaux, tout en développant une pigmentation naturelle pour teindre les sièges noirs du Ford F150, une application surprenante !

La forêt à l’heure des changements climatiques
Le 2e Forum des communautés forestières de la Fédération québécoise des municipalités a attiré plus d’une centaine de participants, au Centre des congrès de Québec en février dernier. Tenu sous le thème « La forêt à l’heure des changements climatiques ».

Une calculatrice carbone pour les bâtiments
D’ici peu, les ingénieurs et architectes auront accès à un nouvel outil qui permet d’estimer et comparer les émissions de GES liées à la fabrication des matériaux de structure pour comparer différents scénarios de construction de bâtiments qui ont la même fonction. Cet outil, dénommé GEStimat, a été développé par le Centre d’expertise sur la construction commerciale en bois (Cecobois), pour favoriser la construction à faible empreinte carbone. Cette initiative, née à la suite de la signature de la Charte du bois, en 2015, permettra ainsi l’évaluation systématique du bois à l’étape d’avant-projet pour tous les projets financés en tout ou en partie par des fonds publics. Deux guides, sur les bâtiments municipaux en bois et sur l’utilisation de la forêt à l’intention des municipalités, ont aussi été présentés lors du congrès de la FQM.

Un plan forestier pour lutter contre les changements climatiques
Luc Bouthillier, professeur au département des sciences du bois et de la forêt à l’université Laval, a pour sa part souligné que le Québec doit rapidement se doter d’objectifs de lutte aux changements climatiques avec les produits forestiers. « La Suède s’est donné comme objectif de remplacer 40% des produits pétroliers dans le transport par des biocarburants d’ici 2040 », a-t-il cité en exemple. « On ne fabrique pas de produit pétrolier au Québec, dit-il. En substituant les produits pétroliers par des produits forestiers, on a l’opportunité de créer 7 fois plus d’emplois localement tout en réduisant notre dépendance au pétrole. » Et pas besoin de mettre en péril la fertilité des sols forestiers, car le Québec peut atteindre ces objectifs en récoltant seulement 30% des résidus forestiers, conclut-il.

Une déclaration verte pour souligner le rôle des forêts
Au terme de la journée de conférence de la FQM, les participants ont signé une déclaration publique pour demander à l’état de reconnaitre la foresterie comme étant un outil pour lutter contre les changements climatiques, d’assurer un financement adéquat des initiatives durables, notamment avec le Fonds vert, tout en accentuant les efforts pour accroitre l’utilisation du bois dans la construction ainsi que l’utilisation de la biomasse à des fins énergétiques.

Accroitre la part du bois
À travers Softwood Lumber Board (SLB) (Conseil du bois d’œuvre résineux), les producteurs de bois investissent 14 millions de dollars par année pour faire croitre la part du bois dans la construction aux États-Unis. « Si on n’arrive pas à accroitre la part du bois, quelqu’un d’autre va venir prendre les parts de marchés », a remarqué Hughes Simon, président de BarretteWood, lors d’une conférence tenue pendant le Congrès de Montréal sur le bois. En finançant l’organisme, l’industrie a réussi à faire modifier les codes du bâtiment permettant la construction d’édifices allant jusqu’à 18 étages en bois. Le SLB travaille également sur la formation de professionnels, sur la communication publique et sur la recherche.

Nous étions aussi au congrès annuel du CIFQ à Québec les 15 et 16 mai dernier, mais le magazine était parti sous presse lors de la couverture de l’événement. Pour un résumé de l’événement, consultez le www.operationsforestieres.ca.