Opérations Forestières

Nouvelles de l’industrie Politiques
Comment: March 2011

Un nouveau monde forestier


14 mars 2013
Par Guy Fortin

Rien ne sera jamais plus pareil. C’est en quelque sorte le début d’un temps nouveau pour l’industrie du bois. L’avènement de la « bio-foresterie » (biomasse, bioénergie, biomatériaux), l’appétit grandissant du marché chinois et, au Québec, la nouvelle approche de mise en marché du bois, décorent maintenant le paysage de réalités catégoriquement nouvelles à assimiler à la vitesse grand V. Même si le vaisseau amiral des produits solides du bois demeurera toujours, sans doute, le bois d’œuvre, il est évident que les structures d’entreprises vont vraiment changer en profondeur.

Les manufacturiers se doivent donc d’apprivoiser de nouveaux clients, de nouvelles façons de faire, de nouveaux procédés, de nouveaux produits : un univers de changement! En quelque sorte une révolution, si on prend en exemple la Chine qui ne représentait que 2 % du marché du bois en Colombie-Britannique en 2005, et qui y contribuera, à elle seule, pour 25 % en 2011. Une progression astronomique qui devrait très bientôt gagner l’Est en raison de l’infestation des insectes qui frappe l’Ouest.

Tout en étant une bonne nouvelle, il nous faut quand même apprendre rapidement à transiger dans une langue et un monde étrangers.

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D’autre part, l’annonce de la création du Bureau de la mise en marché des bois (BMMB) faite en janvier par madame la ministre Nathalie Normandeau, vient également bousculer l’ordre établi. Si pour bien des scieurs, la mise aux enchères d’une proportion de 25 % des bois normalement dévolus à eux, ressemble à un acte cruellement drastique, d’autres plus avant-gardiste y verront une chance de développer de nouveaux produits en droite ligne avec les tendances du marché. Pour peu bien sûr qu’on ait été proactif en créativité au cours de la longue période de disette et qu’on ait perçu la plus-value de certaines essences et rémanents forestiers.

Pour pousser encore plus loin la prospective, il faut mettre également en évidence la déclaration récente de M. Avrim Lazar, président de l’Association des produits forestiers du Canada, qui affirmait que le marché mondial de la « bio-économie » (bioénergie, produits biochimiques et biomatériaux) avait un potentiel de 200 milliards de dollars et qu’il pourrait représenter jusqu’à 20 % du chiffre d’affaires des entreprises forestières d’ici quelques années. L’étude intitulée Le nouveau visage de l’industrie forestière canadienne : une biorévolution en devenir, incite tous les acteurs à se positionner rapidement pour tirer parti de la nouvelle bio-économie internationale. Ces produits se retrouvent sous la forme de carburants renouvelables, de plastiques légers, de produits chimiques non toxiques et d’additifs alimentaires.

Les arbres feront toujours partie du cycle de la nature à l’encontre des combustibles fossiles. Cet avantage concurrentiel selon M. Lazar, ne pourra cependant se concrétiser rapidement sans le support du gouvernement fédéral pour faciliter la transformation des infrastructures des entreprises (papetières dans bien des cas) et les aider à améliorer la mise en marché. Et il faudrait le faire très bientôt. La partie n’est pas gagnée, mais tout est en place pour le repositionnement économique, pour ne pas dire historique de la forêt.   

Guy Fortin, éditeur