Opérations Forestières

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Bois d’oeuvre: pronostic d’un expert du commerce international


4 mai 2017
Par La Terre de chez nous

Entrevue avec Carl Grenier, aujourd’hui membre de la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatique de l’UQAM, est un vieux routier des conflits du bois d’œuvre passés.

Comment s’explique la crise du bois d’œuvre?

Sur le bois d’œuvre, c’est complètement idiot. Ils ne sont pas autosuffisants en bois d’œuvre depuis plus d’un siècle. On est à côté, on a des forêts beaucoup plus grandes que pour nos besoins. C’est une conjonction parfaite. C’est le lobby américain qui a profité d’une récession dans les années 1980 pour se plaindre des exportations canadiennes. Ce n’était pas fondé et on l’a démontré. Ça sert essentiellement à maintenir un prix plus élevé aux États-Unis lors des mauvaises conjonctures économiques. Quand les prix sont hauts, il n’y a pas de problème.

Est-ce que la négociation sur le bois d’œuvre pourrait être séparée de l’ALENA?

Je pense que l’intérêt de la coalition américaine, c’est de négocier ça dans l’ALENA. Leur arme, la seule qu’ils ont, c’est la pression financière. Ils savent très bien que si on va à l’ALENA ou à l’OMC pour régler ce différend, le Canada va gagner. Ils ne veulent pas ça. Leur jeu à eux, c’est de nous amener à une table de négociations, et le levier, c’est la pression financière [que représente le paiement de droits compensateurs et de droits antidumping à venir]. En entrant ça dans l’ALENA, ils étirent le processus, les dépôts en droits temporaires augmentent et la pression devient insupportable [pour le Canada]. La dernière fois, le gouvernement Harper a négocié à toute vitesse et a laissé 1 G$ aux Américains. Ça ne s’était jamais vu de laisser de l’argent sur la table. Il y a 500 M$ qui ont été donnés à la coalition de producteurs américains. Ils vont vouloir encore une rançon comme ça. Si on règle ça rapidement, il n’y aura pas assez d’argent sur la table. J’ai l’impression qu’ils vont vouloir étirer cette question du bois d’œuvre pour pouvoir faire jouer leur levier. Or, négocier le bois d’œuvre, c’est moins compliqué et moins long que négocier l’ALENA.

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