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Aidez-vous à sauver votre entreprise… en révisant les opérations en usine

Des économies substantielles à empocher aux postes d’écorçage et de sciage.


10 avril 2013
Par Sylvain Périard

Sujets

En corrigeant certaines faiblesses détectées dans ses procédures habituelles, l’entreprise peut récupérer, sans modification majeure, des sommes importantes. Après avoir traité dans les numéros précédents des « argents oubliés dans la routine » et d’une organisation plus efficace des travaux en forêt et dans la cour à bois, voici un troisième volet qui se penche sur les économies possibles en vérifiant les opérations de transformation en usine.

Les montants énumérés ci-après représentent l’économie annuelle minimum pour chaque changement effectué. Ces montants sont concrets, ils furent établis lors de mes différentes interventions d’optimisation.

À l’écorçage
Le poste d’écorçage nécessite des vérifications. La circulation fluide des billes y est primordiale. Souvent les convoyeurs et transferts sont construits pour une application générale qui ne s’applique pas nécessairement à la vôtre. Lors d’une intervention bien particulière auprès d’une compagnie, j’ai fait une évaluation détaillée des bris mécaniques survenus à ce poste au cours des cinq dernières années et j’ai ensuite suggéré une solution toute simple qui a emballé les propriétaires.

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La décision fût prise, dans un premier temps, de tout simplement enlever une bascule à quatre pattes servant au transfert des billes d’un convoyeur à un autre. Dans un deuxième temps, on a implanté une procédure au poste d’opérateur de chargeur à bille, soit celle de placer seulement une épaisseur de bille sur le convoyeur précédant la bascule enlevée. Coût de la réparation effectuée un samedi : 1 942 $. Le résultat fût l’élimination des bris mécaniques spécifiques à cette opération, une économie de 8 850 $ par année.

La quantité d’écorce laissée sur la surface de la bille a aussi un impact financier. Les têtes et les dents de l’écorceuse sont souvent source de pertes monétaires, donc une étude approfondie de leur état et un investissement minime sur ces pièces peut s’avérer très rentable. Vérifier auprès de la papetière les normes de tolérance en ce qui a trait au pourcentage d’écorces dans les copeaux. Le but est de se maintenir le plus près possible de ces tolérances sans toutefois les dépasser, ce qui se traduirait par des avis de non-conformité de la papetière.

À l’inverse, seulement ½ cm de bonne fibre retirée en trop par l’écorceuse sur toute la surface d’une bille de pied de 2,5 m de longueur et de 28 cm de diamètre, se traduira par une perte de 4.20 $ pour cette bille. Imaginez annuellement!
Pour éliminer les pertes de production dues au manque de billes lors d’un bris majeur à l’écorceuse, une réserve est primordiale. Pensez à toutes les longues mi-nutes au cours desquelles l’alimentation en billes est interrompue. Multipliez maintenant chaque minute d’arrêt par 15 $ et même 20 $. Lors d’une autre intervention, à la suite à mes recommandations, une compagnie a investi 1 500 $ pour la fabrication d’un convoyeur servant de réserve à billes. Cette compagnie a pu ainsi économiser 5 800 $ par année, et ce pour toutes les années subséquentes.

Au sciage primaire
Au poste de sciage principal, le but sera d’augmenter la productivité. Chaque minute récupérée dans la routine remet 4 800.00 $ par année dans les coffres de votre entreprise, d’où l’importance de détecter les moindres anomalies qui ralentissent la cadence. La capacité des équipements en place doit être établie avec précision. La vitesse moyenne de sciage « net » en fonction de la hauteur du trait de scie, calculée en pied (ou mètre) linéaire par minute (plpm), est un excellent indicateur de performance. Augmenter cette vitesse moyenne de seulement 1 pied linéaire par minute vous rapportera près de 3 000 $ par année.

La position de la face d’ouverture (BOF) d’une bille importe aussi. Pour seulement 5 billes par jour mal placées sur le chariot au tout premier débitage, la perte s’élève à 7 200 $ par année. La configuration du système à bascule transférant les billes au chariot est d’une grande importance. Le degré de la pente, la longueur des pattes et le réglage de la force de cet équipement doivent avoir une conception parfaite. Un bris de cet équipement cause un arrêt de toute la ligne de production, la perte peut facilement atteindre 15 000.00$ par année.

La position du chariot, la position des sommiers (pour le défilement de la bille) et la vitesse d’approche du chariot permettront à la prochaine bille de se positionner presque toute seule sur le chariot lors de son chargement. Une rotation de moins à effectuer pour seulement 10 billes par jour, rapportera 3 840 $ par année. La distance entre le bout de la bille et la scie lors du chargement n’est pas non plus négligeable : une perte de 15 cm à chaque chargement de bille engendrera, pour 300 billes par quart pendant 200 quarts, une perte de 9 288 $ par année. Des ajustements mineurs apportés à l’unité motrice du chariot et au fonctionnement du tourne-billes permettront de réduire les bris et d’améliorer la fluidité (donc la productivité) de façon significative. Récupération possible de 12 550 $ par année.

Sciage secondaire
Au poste de sciage secondaire, le simple fait de revoir la circulation des équarris peut facilement se traduire en un gain annuel de 16 200 $. La façon dont les équarris basculent du chariot vers le convoyeur, et leur trajet, est capitale. Chaque équarri qui arrive doit être positionné de façon à ce que l’opérateur n’ait aucune manutention à effectuer. La face ayant la plus grande valeur (qualité / volume) doit automatiquement se retrouver sur le côté à scier.

Une rotation inutile d’un quart de tour d’un équarri représente une perte de 0,54 $. Réfléchissez à ceci : un équarri revient à la scie en moyenne 8,5 fois, multipliez cela par 400 équarris, ce qui donne 3 400 retours à la scie par quart (sans compter le nombre de quart de tour donné à chaque retour). Maintenant, imaginez seulement 5 % d’équarris mal placés par quart, cela donne une perte de 81 $ par quart et de 16 200 $ par année.

Pour les mêmes raisons, il faut surveiller la circulation des équarris dans le carrousel de retour. La vitesse de sciage doit être calculée avec précision en rapport avec la hauteur moyenne du trait de scie car, comme au poste de sciage primaire, chaque pied linéaire par minute d’augmentation génère 3 000 $ par année. Des rouleaux d’entraînement adaptés aux essences sciées, en composite de caoutchouc rainuré par exemple, permettront de réduire les dommages aux équarris, de l’ordre de 1 071 $ par année.

Plusieurs autres facteurs influencent également la productivité à cette étape, notamment l’éclairage, l’emplacement de la cabine ou la position de l’opérateur, la durée de la prise de décision quant au choix du découvert le plus favorable (BOF), la dimension des équarris et les schémas de débit.    


Sylvain Périard est consultant en transformation (speriard@videotron.ca)