Opérations Forestières

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71 % des Québécois en faveur du rétablissement du caribou forestier

1 mai, 2024  par Guillaume Roy. Initiative de journalisme local


Une vaste majorité de Québécois sont en faveur du rétablissement du caribou forestier, et ce, même dans les régions où l’on retrouve le cervidé. En même temps, la population québécoise souhaite maintenir la vitalité économique dans les régions touchées. Tels sont quelques constats du sondage réalisé par la firme Léger, commandée dans le cadre d’un projet de chercheurs de l’Université Laval.

Plus précisément 68% des Québécois vivant dans les régions où l’on retrouve des caribous sont en faveur du rétablissement du cervidé, alors que 72% des Québécois ailleurs dans la province sont du même avis.

«On s’attendait à ce que l’appui pour la protection du caribou soit moins fort dans les régions, mais la différence n’est pas significative d’un point de vue statistique», soutient Jérôme Cimon-Morin, ingénieur forestier et chercheur à l’Université Laval qui a initié le projet de recherche, avec les biologistes Daniel Fortin, l’Université Laval, Yan Boulanger de Ressources naturelles Canada.

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Un premier sondage, réalisé l’an dernier sur le même sujet, avait démontré que 84 % des Québécois appuyaient le rétablissement du caribou forestier. Ce sondage avait été fait à la grandeur du Québec selon la représentation de la population, donc avec une forte majorité de gens qui venaient des grandes villes, explique Jérôme Cimon-Morin.

«Le sondage a été critiqué parce que les gens avaient l’impression que Montréal disait quoi faire aux régions, alors on a voulu faire un deuxième sondage, en faisant ressortir un échantillon représentatif des régions où l’on retrouve des caribous».

—  Jérôme Cimon-Morin

Le sondage, financé par le gouvernement fédéral, a été réalisé par la firme Léger auprès de 1398 répondants, dont 665 d’entre eux provenaient d’une des six régions où l’on retrouve des caribous forestiers ou montagnard, soit le Saguenay-Lac-Saint-Jean, l’Abitibi-Témiscamingue, la Côte-Nord, le Nord-du-Québec, Charlevoix et la Gaspésie. Le sondage a été réalisé par Internet entre le 16 et le 28 février, et il a une marge d’erreur maximale de 2,6 % 19 fois sur 20.

Plus de protection du caribou

Selon le sondage, 64% des Québécois sont d’accord (8 % en désaccord) pour réduire la possibilité forestière dans les régions où le caribou est présent, et 70 % estiment qu’il est acceptable (6 % en désaccord) de protéger 30 % du territoire dans l’aire de répartition du caribou situé dans la zone commerciale.

Fait à noter, les pourcentages n’atteignent pas 100 %, car une partie des répondants étaient neutres ou préféraient ne pas répondre.

Pour permettre le rétablissement de l’espèce, les répondants sont majoritairement en accord avec l’idée de réduire les volumes de bois récoltés (65 % pour 7 % contre), de fermer des chemins forestiers (61 % pour et 10 % contre) et de réintroduire des caribous (66 % contre 6 %). L’abattage des prédateurs (45 % pour 17 % contre) est davantage une option acceptable que la réduction du nombre d’orignaux (25 % pour et 28 % contre).

Maintenir les emplois et la vitalité économique

Le sondage démontre également que les Québécois sont également sensibles à la réalité socioéconomique des régions, car 53 % des répondants veulent maintenir les emplois et la contribution du secteur forestier à l’activité économique locale. De plus, 65 % des répondants souhaitent la création de nouvelles opportunités économiques autres que la foresterie pour remplacer les pertes encourues dans le secteur forestier.

Autre aspect à souligner, seulement 28 % des répondants estiment que la perte d’emplois dans le secteur forestier est acceptable dans les régions où le caribou est présent.

Avec l’idée de protéger davantage de territoires dans l’aire de distribution du caribou, 67 % des répondants sont d’accord avec l’idée d’intensifier la foresterie dans certains secteurs, alors que seulement 3 % sont en désaccord. L’appui à l’intensification forestière est plus faible dans les régions avec caribou (61 %), que dans le reste du Québec (68 %).

«En résumé, les gens veulent protéger le caribou, mais ils sont aussi sensibles aux impacts socioéconomiques», estime Jérôme Cimon-Morin. Selon ce dernier, la stratégie de protection du caribou forestier devra tenir compte de ces aspects, en prévoyant un plan de transition qui permettra de créer de bons emplois en région.

Lors de la publication du premier sondage, le chercheur s’était fait traiter d’activiste par des acteurs de l’industrie forestière, mais son objectif n’est pas de prendre parti. «Au Québec, on veut faire de l’aménagement forestier durable et un des critères pour le faire est d’intégrer les intérêts et les valeurs de la population», dit-il.

Le tourisme privilégié

Lorsque questionnés sur les trois plus importantes retombées régionales pour leur région de résidence, 62 % des Québécois mentionnent la vitalité du tourisme de plein air, 58 % les bonnes opportunités d’activités récréotouristiques et l’accès au territoire. La vitalité de l’industrie forestière faisait partie du top 3 de 22 % des répondants (33 % dans les régions avec caribous et 9 % ailleurs au Québec).


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